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Jouer la traduction

Jouer la traduction: Théâtre et hétérolinguisme au Canada francophone

Nicole Nolette
Copyright Date: 2015
https://www.jstor.org/stable/j.ctt15nmj8z
  • Book Info
    Jouer la traduction
    Book Description:

    Contrairement au théâtre québécois, où le bilinguisme est mis en scène de manière intermittente, celui qui provient de ses marges fait du bilinguisme une pratique courante. Les écrivains franco-canadiens - ceux de l'Ouest canadien, de l'Ontario et de l'Acadie - racontent et montent différentes histoires de diglossie et de bilinguisme et jouent le jeu de la littérature en y démultipliant la traduction dans la forme comme dans le contenu.

    L' « hétérolinguisme » - c'est-à-dire l'inscription de la variabilité linguistique - de ces pièces de théâtre franco-canadiennes est le plus souvent compréhensible pour les lecteurs et les publics bilingues locaux. Néanmoins, la diffusion de telles pièces et, par ricochet, leur légitimation auprès des métropoles théâtrales canadiennes au fonctionnement surtout unilingue, auront à passer par des traductions en supplément à celles auxquelles leurs jeux bilingues leur permettent déjà de s'adonner. Il est possible que, pour atteindre la légitimation par les institutions dominantes grâce à la traduction, « les cultures de l'exiguïté sacrifient ce qu'elles possèdent de plus radicalement créateur1 », c'est-à-dire l'inscription du traduisible et l'hétérolinguisme ludique. De l'autre, parmi les traductions additionnelles qui découlent de ces processus de diffusion et de légitimation, laréinscriptionsupplémentaire ou ludique du traduisible pourrait être tout aussi radicalement créatrice que son inscription première.

    Une analyse percutante, actuelle, de la circulation, en traduction, de la production théâtrale de l'Ouest canadien francophone, de l'Ontario français et de l'Acadie, qui prend des allures de terrain de jeu pour le français et l'anglais.

    eISBN: 978-2-7603-2275-2
    Subjects: Language & Literature

Table of Contents

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  1. Front Matter
    (pp. i-iv)
  2. Table of Contents
    (pp. v-vi)
  3. Remerciements
    (pp. vii-viii)
  4. Liste des abréviations des pièces mentionnées dans cet ouvrage
    (pp. ix-x)
  5. Introduction
    (pp. 1-12)

    Le présent ouvrage dresse le plan de la circulation en traduc tion de la production théâtrale de l’Ouest canadien francophone, de l’Ontario français et de l’Acadie, un plan qui prend des allures de ter rain de jeu pour le français et l’anglais. Il commence à Montréal, dans cette ville qui agit comme capitale littéraire et culturelle de la produc tion théâtrale franco-canadienne (Casanova, 1999, p. 47-61 ; Doyon-Gosselin, 2010). Commencer à Montréal, c’est faire le parcours inverse de celui que j’ai effectué entre l’Alberta où j’ai grandi et la ville où j’ai écrit ces mots. Il y a ici une...

  6. CHAPITRE 1 Jouer la carte de la traduction en territoire franco-canadien
    (pp. 13-52)

    Comment associer le jeu à la traduction, ou redéfinir la traduc tion par le jeu ? D’abord, en ciblant les enjeux d’un concept qui semble encore échapper à la définition : le jeu. Dans son ouvrageHomo ludens, publié en 1938 et servant maintenant de trame de fond à toute étude du jeu et du sport, de la lutte aux espaces virtuels, Johann Huizinga soutient que, contrairement à ce qu’on avait établi précédemment, le jeu n’est pas une forme dégradée des pratiques sacrées, mais bien la matière à partir de laquelle la culture se constitue. Il délimitea priorile...

  7. CHAPITRE 2 L’Ouest en voltige entre accommodement et résistance
    (pp. 53-116)

    Le théâtre issu de l’Ouest canadien est celui qui, du trio Ouest-Ontario-Acadie, est séparé par la plus grande distance géographique des métropoles théâtrales francophone et anglophone du Canada. Les compagnies de théâtre professionnelles, du Cercle Molière de Saint-Boniface au Théâtre La Seizième de Vancouver, en passant par La Troupe du Jour de Saskatoon et l’UniThéâtre d’Edmonton, jouent avec cette distance, tout comme cette distance joue parfois contre elles. Dans ce chapitre, il s’agira demesurerla distance institutionnelle entre Toronto, Montréal et l’Ouest canadien comme une mise à distance, comme une manière d’ «habiter la distance» (Paré, 2003....

  8. CHAPITRE 3 L’Ontario français par le jeu. L’hétérolinguisme au-delà de ses maladies imaginaires
    (pp. 117-178)

    Depuis les États généraux du théâtre franco-ontarien de 1991, au cours desquels artistes et intervenants se donnent pour mission « que dans sa diversité, le théâtre soit source d’échange, de plaisir, d’émo tions et qu’il puisse continuer d’être un élément dynamisant de l’hu manité » (Théâtre Action, 1991, p. 43), le théâtre en Ontario français, qu’il soit hétérolingue ou non, subsiste et croît à travers de multiples contradictions. Contradictions d’ordre géographique, d’abord, car l’Ontario se situe à proximité des deux métropoles théâtrales majeures, mais cette proximité n’est pas sans engendrer ses propres contraintes à la circulation du théâtre. Contradictions historiques,...

  9. CHAPITRE 4 Le jeu théâtral au coeur du grouillement linguistique acadien
    (pp. 179-244)

    Dès 1974, c’est-à-dire l’année précédant l’adaptation duMalade imaginairepar André Paiement en Ontario, le critique littéraire Alain Masson, observateur des débuts de la modernité littéraire acadienne, remarquait : « Parler du bilinguisme au Nouveau-Brunswick est [un] euphémisme » puisqu’en réalité, « les francophones portent en euxmêmes un véritable grouillement linguistique » (1994, p. 59). Au coeur de ce grouillement linguistique, de cette multiplicité de langues qui s’agitent et qui remuent : la parlure de la Sagouine, les parlers du Nord du Nouveau-Brunswick, les dialectes canadiens et québécois, le fran çais dit international, l’argot parisien et enfin le chiac(ibid....

  10. Conclusion
    (pp. 245-254)

    Un arc tendu, une flèche acérée, une cible mouvante. Tout y est, les jeux sont faits, le déploiement de la traduction est amorcé dans le sifflement d’une flèche. Une trajectoire parabolique, imprévisible. Reste à suivre son parcours, à voir si la cible a été atteinte ou ratée, si on a tiré assez loin. C’est en ce sens qu’il faut prendre la théorie de la traduction ludique comme une théoriecibliste, outarget-oriented. Au terme du parcours géographique et historique des pratiques hété rolingues du théâtre de l’Ouest canadien francophone, de l’Ontario français et de l’Acadie, ma conclusion sera à l’image...

  11. Bibliographie
    (pp. 255-282)
  12. Index
    (pp. 283-284)
  13. Back Matter
    (pp. 285-285)