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Une Introduction à l'analyse du discours argumentatif

Une Introduction à l'analyse du discours argumentatif: Des savoirs et savoir-faire fondamentaux

VANCE MENDENHALL
Copyright Date: 1990
Pages: 308
https://www.jstor.org/stable/j.ctt2jcbbj
  • Book Info
    Une Introduction à l'analyse du discours argumentatif
    Book Description:

    Ce manuel de logique informelle vise à initier l'étudiant de niveau collégial et universitaire à la pratique de l'argumentation. Celle-ci est traitée ici comme un comportement spécifique. Faisant appel aux ressources de la philosophie du langage la plus récente, cet ouvrage fournit à l'étudiant de premier cycle des outils et un mode d'emploi qui lui permettront de : différencier le discours argumentatif des autres types de discours ; en identifier les éléments constitutifs ; l'évaluer, quel que soit le champ discursif dans lequel il se produit ; enfin, produire des argumentations solides. Chaque notion majeur est illustrée par des exemples et de nombreux exercices, soigneusement gradués. À partir de coupures tirées de la presse canadienne, d'annonces publicitaires ou en compagnie de Mafalda, l'étudiant découvre les éléments du discours argumentatif, les conditions de sa réussite ou de son échec et, au-delà, le plaisir de lire et de raisonner. Ce livre est un éclairage nouveau sur le corpus traditionnel de la logique et un instrument précieux pour tous ceux -- étudiants dans diverse disciplines, mais aussi journalistes ou rédacteurs -- qui veulent communiquer efficacement.

    eISBN: 978-2-7603-1738-3
    Subjects: Language & Literature

Table of Contents

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  1. Front Matter
    (pp. III-IV)
  2. Table of Contents
    (pp. V-XII)
  3. AVANT-PROPOS
    (pp. XIII-XVIII)

    Ce livre présente une méthode d’analyse du discours argumentatif qui met en vedette sa figure communicationnelle. Le discours argumentatif est vu comme un moyen et une forme spécifiques d’action interindividuelle, une sorte de transaction, et une pratique sociale. Par le fait même, la question méthodologique :

    Comment faire pour comprendre et évaluer le discours argumentatif?

    se trouve transformée. Elle devient :

    Que faisons-nous lorsque nous nous engageons dans une transaction argumentative?

    Cette nouvelle question permet de voir plus clairement les procédés que nous suivons lorsque nous appuyons une affirmation en donnant des raisons et que nous devons suivre sous peine de faire...

  4. INTRODUCTION
    (pp. 3-16)

    Le langage est un instrument. Comme tout instrument, il sert à quelque chose. Il nous aide à faire des choses ou il nous permet d’en faire.

    Le langage sert à faire connaître nos idées, nos sentiments, nos désirs à nous-mêmes et à d’autres personnes. Il sert aussi à modifier — transformer ou façonner — nos propres idées, sentiments et désirs, et ceux des autres.

    Le langage sert à initier, à interrompre, à prolonger ou à transformer la plupart sinon toutes les relations et les activités interindividuelles. Nous parlons ou écrivons dans le but de conseiller, d’informer, de faire plaisir, d’obtenir une réponse,...

  5. Première partie LES ACTES DISCURSIFS

    • OBJECTIFS
      (pp. 19-20)
    • 1. LES POSSIBILITÉS OFFERTES PAR L’INTERLOCUTION
      (pp. 21-39)

      Parler ou écrire, c’est donner un renseignement, faire une promesse, poser une question, commenter, nuancer, avertir ou donner un ordre. Faire l’une ou l’autre de ces choses, c’est agir d’une certaine façon, c’est poser un acte ayant une certaine force ou valeur qui produit, comme tout acte, un effet.

      Ainsi, dans telle situation interlocutive, dire (ou écrire) : « Le téléjournal passe à 22 heures. », c’est donner un renseignement ou une information.

      Nous pouvons donner un renseignement dans le but d’informer, d’instruire, de répondre à une question, d’avertir, d’effrayer, de persuader ou de faire agir d’une certaine façon un...

    • 2. LA SITUATION INTERLOCUTIVE : COMPRENDRE ET SE MÉPRENDRE
      (pp. 40-48)

      La différence entre un acte discursif et une proposition ou une phrase, entre le mot « terre » hurlé par la vigie et le même mot trouvé dans le dictionnaire (V. Descombes, Grammaire philosophique des objets, p. 189), c’est que le premier est nécessairement :

      posé pour être compris par un interlocuteur (réel ou possible);

      produit dans un contexte ou situation interlocutive.

      En fait, la seule réalité linguistique concrète est celle de l’interlocution. « On ne peut neutraliser le contexte pragmatique. En toute rigueur il n’y a pas d’occurrence hors contexte; ce qu’on appelle de ce nom n’est qu’une occurrence...

    • 3. LE DISCOURS ET SON ORGANISATION
      (pp. 49-70)

      Le discours (texte ou conversation) est fait d’actes discursifs. Il n’est pas une suite quelconque d’actes discursifs, mais un ensemble organisé, ou encore construit à l’intérieur des contraintes imposées par la langue et par la situation interlocutive, dans un but précis de faire quelque chose : informer, expliquer, résoudre un problème, justifier une thèse, évaluer, interroger, décrire, raconter, etc.

      Le discours est organisé ou construit en ce sens que tous les actes discursifs réalisent ou contribuent à réaliser le but du discours; c’est dire que chacun des actes discursifs joue un rôle dans la réalisation du but soit en concourant...

  6. Deuxième partie L’INFORMATION DISCURSIVE

    • OBJECTIFS
      (pp. 73-74)
    • 1. THÈME ET PROPOS
      (pp. 75-90)

      Tout acte discursif est interactif ou transactif. Non seulement met-il en jeu une dyade locuteur-interlocuteur, mais il est toujours en quelque sorte une réaction ou une réponse à une situation interactive réelle ou possible, anticipée ou actuelle. Cette situation, qu’elle soit articulée en toutes lettres, à haute voix ou qu’elle aille sans dire, agit comme une question initiale qui ouvre et délimite un univers de discours et, par là, règle la transaction.

      La question initiale ouvre et délimite le discours, elle :

      instaure un espace interlocutif;

      engage les interlocuteurs dans un processus d’échange;

      détermine ce qui est en question. Par...

    • 2. THEMES ET PROPOS PRINCIPAUX ET SECONDAIRES
      (pp. 91-94)

      Le discours peut être plus ou moins complexe. Il peut comprendre un thème ou une multiplicité de thèmes, un propos ou une multiplicité de propos.

      Le discours qui comprend une multiplicité de thèmes peut les hiérarchiser en mettant un seul thème en vedette. Tous les autres thèmes se rapportent à ce thème vedette. Le thème vedette assure l'unité et la cohésion de la suite discursive. Il est le thème principal. Les thèmes qui lui sont subordonnés sont des thèmes secondaires.

      Le discours qui comprend une multiplicité de propos peut poser tous les propos sur le même plan; ils sont alors...

    • 3. L’INFORMATION SUPPOSEE, L’INFORMATION POSÉE
      (pp. 95-106)

      Prendre un acte discursif en tant que tel, le comprendre, c’est reconnaître à la fois et indissociablement ce qui est fait et ce qui est dit. Ce qui est dit a toujours un contenu informatif; celui-ci se décompose en information supposée et en information posée.

      L’information supposée est l’information présentée de façon explicite ou sous-entendue par le thème (question initiale).

      Toute information qui se trouve à la place du thème ou qui fait partie du groupe thématique est présentée et doit être prise — même si, de fait, l’interlocuteur ignore tout — comme si elle était supposée. Cette information ne...

    • 4. LA QUALITÉ DES INFORMATIONS : CLARTÉ ET PRÉCISION
      (pp. 107-124)

      Dans l’interlocution, le rapport entre ce qui est fait et ce qui est dit n’est pas quelconque. Ce que nous faisons dépend, en partie, des mots, des formes et des combinaisons de mots que nous employons pour le faire. Pour faire quelque chose dans le langage, nous devons tenir compte de deux aspects des mots, des formes et des combinaisons de mots.

      Certains mots, formes et combinaisons de mots sont d’eux-mêmes indéterminés :

      De même, l’acte discursif peut être indéterminé ou ambigu :

      Mais ces mots et actes sont indéterminés seulement en ce qu’ils ont un ensemble d’emplois possibles, mais non pas dans le sens qu’ils...

    • 5. LE PARTICULIER, LE GÉNÉRAL, L’ABSTRAIT, LE CONCRET
      (pp. 125-132)

      Poser un acte discursif ou une suite d’actes discursifs, c’est à la fois faire et dire quelque chose. Faire et dire quelque chose, c’est toujours faire et dire ceci plutôt que cela; c’est interroger plutôt que renseigner, illustrer plutôt qu’expliquer, juxtaposer plutôt qu’enchaîner; c’est parler du temps plutôt que de la politique, du langage plutôt que des fleurs; c’est dire : « il fait beau » plutôt que : « c’est l’objet d’une construction sociale ». Faire et dire quelque chose, c’est faire un choix et ce, parmi un ensemble d’actes, de thèmes et de propos possibles. C’est choisir la...

    • 6. LES MOTS ET LES VALEURS
      (pp. 133-138)

      Les informations qu’un locuteur donne sont toujour sporteuses de valeurs ou d’appréciations. Elles présentent les choses, les êtres, les événements d’une manière négative (ou péjorative), neutre ou positive (ou méliorative). Le choix du locuteur s’exerce donc aussi au niveau axiologique, c’est-à-dire selon l’importance qu’il accorde aux choses, aux êtres, aux événements dont il parle. Ainsi :

      L’emploi axiologique apparaît dans la minoration et la majoration euphémiques, procédés qui modifient la valeur ou l’appréciation des choses, des êtres ou des événements dont il est question. Ce procédé change les choses, les êtres et les événements de place sur l’échelle axiologique sans pour autant changer le fait...

    • 7. PRÉSUPPOSER ET LAISSER ENTENDRE
      (pp. 139-152)

      Ce qui est dit dans l’interlocution comprend non seulement les informations présentées comme thème et propos, mais aussi toutes les informations présupposées par le thème et le propos de même que toutes celles qui, de quelque façon, en découlent.

      Une interlocution est prise en tant que telle et comprise dans la mesure où l’interlocuteur reconnaît ce que l’interlocution fait, dit, présuppose et laisse entendre.

      Une information présupposée est une information qui décrit un état d’affaires antérieures ou une condition ou un ensemble de conditions préalables qui sont nécessaires pour pouvoir donner et comprendre les informations thématiques ou prépositionnelles.

      Certaines présuppositions...

    • 8. LAISSER ENTENDRE ET SOUS-ENTENDRE
      (pp. 153-174)

      Laisser entendre une information, c’est donner une information de façon que l’interlocuteur doive la construire. L’information qu’on laisse entendre est une information qui suit ou qui découle des informations données. Ce qui est sousentendu va sans dire; c’est une présupposition, une évidence.

      Laisser entendre suppose qu’une suite discursive soit de quelque façon incomplète ou insatisfaisante (une information que l’interlocuteur attend n’est pas donnée; il y a, d’une certaine façon, transgression d’une règle discursive).

      C’est la règle de la cohérence qui fait que l’interlocuteur cherchera à fournir les informations qui ne sont pas données, mais sans lesquelles le discours ne peut...

  7. Troisième partie LE DISCOURS ARGUMENTATIF

    • OBJECTIFS
      (pp. 177-178)
    • LES RÈGLES DU DISCOURS
      (pp. 179-182)

      L’activité langagière est une forme de comportement social ou d’action interpersonnelle. Parler ou écrire, c’est toujours transformer de quelque manière la situation (cognitive, affective) ou les actions d’une autre personne (présente ou absente, réelle ou fictive), ou encore produire une nouvelle situation chez cette personne.

      Cette forme de comportement social et, a fortiori, ses effets ne peuvent se réaliser que s’ils sont reconnus comme tels par la personne à qui l’on parle. Il faut que celle-ci reconnaisse ce qui est fait et ce qui est dit, du moins que quelque chose est fait et que quelque chose est dit.

      Cette...

    • 1. LE DISCOURS ARGUMENTATIF
      (pp. 183-204)

      Parmi les règles du discours, celle qui impose au locuteur l’obligation de répondre de ce qu’il dit et fait occupe une place à part dans notre société.

      D’une part, cette règle définit une forme spécifique de comportement et de vie sociale. En particulier, elle institue une forme de comportement interindividuel par laquelle un locuteur, en répondant de ce qu’il dit et fait, peut rendre ce qu’il dit et fait acceptable pour autrui. Autrement dit, par le fait de motiver, d’expliquer, de justifier, d’autoriser, de légitimer, de prouver, etc., ce qu’il dit et fait, ce qui est dit et fait peut...

    • 2. LE NON-DIT
      (pp. 205-210)

      Une argumentation comprend quatre éléments. Il y a les raisons et les conclusions, les présuppositions et les relations argumentatives.

      Tous ces éléments peuvent être présentés d’une manière explicite. Ainsi :

      « Jean-Marie va venir me voir. Il ne vient me voir que s’il a des ennuis. Il suffit qu’il ait des ennuis pour qu’il vienne me voir. Donc, il a sûrement des ennuis. »

      [Raison] Jean-Marie va venir me voir.

      [Conclusion] Donc, il a sûrement des ennuis.

      [Présupposition] Jean-Marie ne vient me voir que s’il a des ennuis.

      [Relation] II suffit qu’il ait des ennuis pour qu’il vienne me voir....

    • 3. RAISONS ET CONCLUSIONS, PRINCIPALES ET SECONDAIRES
      (pp. 211-215)

      Le locuteur peut présenter une raison ou une suite de raisons pour appuyer une conclusion.

      Il peut aussi présenter une raison ou une suite de raisons appuyant une conclusion et donner à cette conclusion la force d’une raison appuyant une nouvelle conclusion.

      La conclusion [2] peut ne pas être posée sur le même plan que la conclusion [1]; elle peut être principale. La raison qui l’appuie ou qui y conduit (raison [2]) sera la raison principale. La raison [1] sera secondaire par rapport à la conclusion [2], car elle appuie une conclusion [1] secondaire ou intermédiaire. Soit :

      « [1]...

    • 4. LES PARCOURS ARGUMENTATIFS
      (pp. 216-237)

      Un locuteur peut aménager un parcours argumentatif en donnant plus ou moins d’importance aux raisons et aux conclusions qu’il présente. Il peut le faire tout aussi bien et en même temps en liant de différentes manières les raisons les unes aux autres et celles-ci à une conclusion.

      Il peut le faire de manière très simple : une raison conduit à une conclusion (ou l’appuie). Par exemple :

      1. « [1] Nous recyclons les déchets : papier, verre, métaux, plastiques. [2] Alors nous créons des emplois. »

      2. « [1] Méfiez-vous des piscines dans lesquelles l’eau n’a pas la couleur du...

    • 5. LA PENSÉE CRITIQUE
      (pp. 238-279)

      L’argumentation est une sorte de transaction entre un locuteur et un interlocuteur (réel ou seulement possible). Par le fait de présenter une information X comme conduisant à une autre information, Y, le locuteur engage son interlocuteur à accepter Y. Il institue un rapport interindividuel tel que si X conduit à Y, ou l’appuie, l’interlocuteur se trouve dans l’obligation d’accepter Y, c’est-à-dire de changer son comportement : penser ou croire Y, faire Y, sentir Y, etc.

      Mais ce changement ne se produit que si X conduit à Y, ou l’appuie, selon les règles du discours argumentatif. Ainsi, la part de l’interlocuteur...

    • 6. CONCLUSION
      (pp. 280-288)

      En tant que pratique sociale, l’argumentation suppose une double compétence : une compétence logico-linguistique et une compétence contextuelle.

      Ces compétences font l’objet d’un apprentissage qui peut être le résultat d’une sorte d’expérience vitale -- on vit dans un milieu donné avec ses institutions, ses façons de faire et de penser, ses croyances et ses préjugés; par le simple fait d’être là, modérément éveillé, cet apprentissage se fait.

      Cette expérience vitale, ou encore cette familiarité avec le milieu nous permet de nous engager dans toutes les transactions interindividuelles définitoires de ce milieu. En particulier, elle nous permet de nous engager dans...