Questions ultimes

Questions ultimes

Thomas De Koninck
Series: Philosophica
Copyright Date: 2012
Pages: 280
https://www.jstor.org/stable/j.ctt5vkc7g
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    Questions ultimes
    Book Description:

    Le premier défi de la démocratie est de donner le «goût de l'avenir» (Alexis de Tocqueville), de générer l'enthousiasme qui poussera les jeunes d'esprit à progresser d'eux-mêmes vers de nouvelles quêtes de sens et de savoir, à renouveler peut-être surtout, dans le contexte des nouvelles connaissances et d'une prise de conscience accrue des richesses des différentes cultures, les questions que l'on appelle «ultimes et les plus hautes», pour citer Husserl, celles que la science exclut par principe et qui sont pourtant «les questions les plus brûlantes», portant «sur le sens ou sur l'absence de sens de toute cette existence humaine». Le simple motquestionévoque d'emblée le vieux françaisqueste, c'est-à-dire laquête, du latinquaerere, «rechercher», «aimer»; il traduit le désir de voir et de savoir, impliquant du coup les deux dimensions à la fois les plus essentielles et les plus grandes de notre être proprement humain, la capacité d'aimer et celle de penser. Une éducation qui exclurait, comme tranchées d'avance, ces questions ultimes, ne serait nullement à la hauteur de l'humain. Les essais composant ce livre explorent six d'entre elles, à savoir la dignité humaine, l'intelligence, la liberté, le bonheur, la mort et la beauté.

    eISBN: 978-2-7603-1982-0
    Subjects: Philosophy

Table of Contents

  1. Front Matter
    (pp. [i]-[vi])
  2. I Archéologie de la notion de dignité humaine
    (pp. 1-52)

    « “Noblesse, dignité, grandeur…” ces termes, j’ai crainte et presque honte à m’en servir, tant on abusa d’eux sans vergogne. Extorqués comme ils sont aujourd’hui, on dirait presque des mots obscènes ; comme, du reste, tous les mots nobles : à commencer par le motvertu. Mais ce ne sont pas les mots seuls qui se sont avilis, c’est aussi ce qu’ils veulent dire : la signification de ces mots a changé et leur dévalorisation ne fait que rendre flagrante la faillite générale de ce qui nous paraissait sacré : de ce qui nous invitait à vivre, de ce qui...

  3. II Qu’est-ce que l’intelligence humaine?
    (pp. 53-110)

    « Toute la dignité de l’homme est dans la pensée », déclarait Pascal, résumant admirablement, en quelques mots à peine, l’essentiel de l’héritage culturel de la Grèce antique jusqu’à ce jour. « Pensée fait la grandeur de l’homme¹ ».

    Qu’est-ce à dire ? N’y a-t-il pas plus d’un inconvénient à honorer ainsi la pensée humaine ? Ne serait-ce pas oublier les valeurs du cœur ? Faudrait-il même comprendre que la dignité humaine s’établirait en fonction du quotient intellectuel, au point qu’un quotient plus faible à cet égard rendrait moins « humain » et les surdoués plus dignes en quelque sorte...

  4. III La liberté de religion, la liberté de conscience et le bien commun
    (pp. 111-136)

    La liberté de religion est un des aspects essentiels de la liberté de conscience, qui est le fait de toute personne et la pierre angulaire des droits humains. C’est ce que je voudrais explorer succinctement dans les lignes qui suivent.

    Selon Dante, « le plus grand don que Dieu dans sa largesse fit en créant, le plus conforme à sa bonté, celui auquel il accorde le plus de prix, fut la liberté de la volonté : les créatures intelligentes, toutes et elles seules, en furent et en sont dotées¹ ». La liberté, en bref, résumerait l’essentiel en ce qui nous...

  5. IV Réflexions sur le bonheur
    (pp. 137-172)

    Comment donner tort à Pascal lorsqu’il écrit : « Tous les hommes recherchent d’être heureux ; cela est sans exception ; quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but. (…) C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre » (Pensées, Brunschvicg, 425 ; Lafuma, 148).

    En d’autres termes, même nos suicidés recherchent le bonheur, jusqu’en leur autodestruction. Voilà bien une contradiction au moins apparente, puisqu’ils abolissent du même coup tous leurs possibles. Car il reste toujours l’imprévisible de la vie. « Nul ne sait quelle rencontre il...

  6. V Vivre la mort
    (pp. 173-210)

    La philosophie s’est tôt définie commemeletê thanatou(Platon,Phédon, 81 a), ce qui signifie « méditer sur » ou « s’exercer à la mort ». Devenue par la suite traditionnelle, cette définition a été à nouveau illustrée à notre époque par des philosophes de génie tels Heidegger, Lévinas et bien d’autres.

    Elle s’avère d’autant plus pertinente de nos jours où nous nous découvrons dans une culture de mort, comme on l’a dit et répété, mais d’une mort évasion plutôt que d’une mort que l’on accepte de préparer avec courage et lucidité, en l’interrogeant, pour ainsi dire. C’est aussi ce...

  7. VI Beauté oblige
    (pp. 211-248)

    J’ai demandé un jour il y a longtemps au grand écrivain et poète québécois Félix-Antoine Savard, ce qu’était pour lui le beau. « Le beau oblige », m’a-t-il répondu aussitôt. Cette réponse m’est revenue souvent comme une invitation à réfléchir. Je propose dans ce qui suit quelques-uns des éléments de cette réflexion.

    Le thème de la beauté est immense, et il est donc impossible d’y rendre justice en quelques pages à peine. Cela dit, il est naturel de considérer d’abord la beauté sensible, même si cette dernière fait cependant vite pressentir des niveaux plus élevés de beauté, comme la beauté...

  8. Table of Contents
    (pp. 249-250)