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La traduction raisonnée, 2e édition

La traduction raisonnée, 2e édition: Manuel d'initiation à la traduction professionnelle de l'anglais vers le français

JEAN DELISLE
Copyright Date: 2003
Edition: 2
Pages: 608
https://www.jstor.org/stable/j.ctt5vkcjt
  • Book Info
    La traduction raisonnée, 2e édition
    Book Description:

    Le corrigé de La Traduction raisonnée : Manuel d'initiation à la traduction professionnelle de l'anglais vers le français de Jean Delisle. Le manuel renferme : 8 objectifs généraux d'apprentissage ; 68 objectifs spécifiques ; 96 textes à traduire ; 136 exercices d'application ; une bibliographie de 400 titres ; un glossaire de 238 termes ; des milliers d'exemple de traduction.

    eISBN: 978-2-7603-1628-7
    Subjects: Language & Literature

Table of Contents

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  1. Front Matter
    (pp. 3-10)
  2. Table of Contents
    (pp. 11-14)
  3. AVANT-PROPOS
    (pp. 15-18)

    Dix années se sont écoulées depuis la publication de la première édition deLa Traduction raisonnée(1993). Le temps était donc venu de mettre à jour ce manuel qui a recueilli, semble-t-il, la faveur de bon nombre d’écoles de traduction, tant au Canada qu’à l’étranger. C’est le destin de tout ouvrage de ce genre de vieillir rapidement. Tout comme les dictionnaires. Des «rafraîchissements» périodiques s’imposent en raison des besoins changeants des apprenants, du progrès des connaissances, de la parution de nouvelles publications et, dans le cas d’un ouvrage traitant de questions de langue, de l’évolution de l’usage, ce maître souverain....

  4. INTRODUCTION
    (pp. 19-22)

    Cet ouvrage, dont la visée est essentiellement pratique, n’a d’autre ambition que de proposer une méthode d’initiation à la traduction diteprofessionnelle, par opposition aux exercices scolaires ayant pour but l’acquisition d’une langue étrangère (traduction ditepédagogique). Il veut répondre aux exigences particulières de formation des futurs traducteurs de métier et s’adresse tout particulièrement aux étudiants inscrits à un programme de baccalauréat spécialisé ou de licence en traduction.

    Son domaine est celui des textes pragmatiques*¹ (non littéraires), généraux, formulés selon les normes de la langue écrite, en vue d’un apprentissage dans le sens anglais ⇒ français².

    Cette deuxième édition de...

  5. ABRÉVIATIONS
    (pp. 23-24)
  6. GLOSSAIRE
    (pp. 25-70)
  7. I. MÉTALANGAGE DE LA TRADUCTION

    • Objectif premier ASSIMILATION DES NOTIONS DU GLOSSAIRE
      (pp. 73-86)

      Toute discipline, tout champ d’activité (spécialisé ou non), tout domaine de connaissance possède sa terminologie propre. L’initiation à la traduction professionnelle ne fait pas exception. Mais on peut appliquer à cet enseignement ce qu’Yves Gambier a écrit à propos des études traductologiques : «Dans les références traitant de traduction, on a du mal à trouver des définitions précises, tant les concepts semblent flotter au gré des points de vue, des implicites concernant la langue, la communication, les signes, l’inter-culturel… […] les études en traduction, prétendument théoriques, sont encore largement marquées par l’idéologie, les jugements de valeur» (Gambier 1992 : 421)....

  8. II. DOCUMENTATION DE BASE DU TRADUCTEUR

    • Objectif 2 OUTILS DU TRADUCTEUR
      (pp. 89-99)

      L’apprentissage de la traduction, tout comme la pratique quotidienne de cette profession, exige la consultation fréquente de sources documentaires portant sur les sujets les plus divers. C’est pourquoi les bonnes écoles professionnelles de traduction incluent dans leur programme d’études un cours d’initiation à la recherche documentaire. Cet aspect important de la méthode du traducteur ne sera donc pas traité en détail ici. Nous nous bornerons à donner un aperçu du genre d’ouvrages de référence avec lesquels il convient de se familiariser au stade de l’initiation. Par ailleurs, en ce qui concerne lesaides à la traduction, c’est-à-dire les outils informatiques...

    • Objectif 3 LIMITES DES DICTIONNAIRES BILINGUES
      (pp. 100-107)

      Le traducteur français de Samuel Butler et de James Joyce, Valery Larbaud, estimait que «les dictionnaires bilingues ne sont que des esclaves, ou mieux des affranchis faisant fonction d’huissiers et d’interprètes» (Larbaud 1946 : 86). Hilaire Belloc, pour sa part, jugeait dangereux de trop se fier aux dictionnaires : «However well a man may possess the original tongue from which he is translating into his own, there will arise […] occasions when it is necessary to verify the exact meaning of a particular word and for that service the dictionary is essential. […] But to rely upon the dictionary continuously...

    • Objectif 4 SENS CRITIQUE, JUGEMENT LINGUISTIQUE
      (pp. 108-118)

      Oseriez-vous écrire le texte suivant : «Des mesuresdrastiquess’imposaient, elle le savait. L’ignorer, c’était courir à sa perte. Sa seulealternativeétait d’agir au plus vite : s’enquérir du prix de la marchandise sur le marchédomestique, finaliserle protocole d’entente bidon, lefaxer, empocher l’argent. L’impactde son gesteau plan dela sécurité? Difficile à prévoir…, mais il y auraitpossiblementde la casse»?

      Dans son article «Quand on ignore impunément une mesure drastique», l’auteur de ce paragraphe truffé de mots «litigieux» (en italique), Martine Racette, écrit : «Un bref coup d’œil dans les éditions récentes des...

  9. III. MÉTHODE DE TRAVAIL

    • Objectif 5 ÉTAPES DE LA MÉTHODE DE TRAVAIL
      (pp. 121-128)

      Exposer la méthode de travail du traducteur, c’est décrire les étapes à suivreavant, pendantetaprèsl’opération de traduction. Sans méthode, il paraît difficile de produire des traductions de qualité professionnelle. Une méthode ne remplacera jamais le talent, mais tout traducteur, talentueux ou non, se doit d’acquérir l’habitude de travailler systématiquement et de faire preuve de la plus grande rigueur intellectuelle. Voyons donc dans l’ordre chacune des étapes du processus complexe de la traduction.

      La première phase peut se subdiviser en trois temps : mise en situation, lecture, compréhension.

      Lamise en situationconsiste à recueillir le plus d’informations...

    • Objectif 6 REPÉRAGE DES DIFFICULTÉS DE TRADUCTION
      (pp. 129-146)

      La lecture du texte original, avons-nous vu, doit permettre, entre autres, de repérer les difficultés de traduction. Il faut en effet s’habituer à lire l’original avec les «yeux d’un traducteur» afin de déterminer quel procédé de traduction il conviendra d’appliquer au moment du transfert interlinguistique. Cela signifie, en outre, que l’on puisse reconnaître tout risque d’interférence aux niveaux typographique, lexical, syntaxique, stylistique ou socioculturel, ainsi que les cas où il convient d’appliquer les règles relevant des techniques de rédaction pour éliminer une répétition abusive, par exemple, ou alléger le texte d’arrivée par la suppression d’une proposition relative. Il est indispensable...

    • Objectif 7 EXPLICATION DE TEXTE
      (pp. 147-152)

      L’expression «explication de texte» est empruntée au domaine des études littéraires où elle est synonyme de «commentaire de texte». En littérature, une bonne explication épouse toutes les nuances du texte étudié et tient compte de l’intention générale de l’écrivain qui lui sert de fil conducteur, du sujet choisi et des diverses ressources stylistiques employées pour le traiter.

      En traduction, l’explication de texte est en fait une «exploration» minutieuse du texte de départ. En situation normale de travail, cette exploration ne s’accompagne pas d’un commentaire explicite, comme c’est le cas des exercices d’explication de texte en analyse littéraire. Néanmoins, l’expression «explication...

    • Objectif 8 MACHINE À DICTER
      (pp. 153-162)

      De nos jours, rares sont les traducteurs professionnels qui rédigent leurs traductions avec un crayon ou un stylo. La majorité des traducteurs se servent d’un ordinateur et des aides à la traduction que permet d’utiliser cet instrument de travail moderne. La machine à dicter a encore de nombreux adeptes. Au Canada, les premiers dictaphones ont été introduits à Ottawa, au Secrétariat d’État, par le surintendant du Bureau de la traduction, Alderic-Hermas Beaubien. En 1953, M. Beaubien s’est rendu à New York pour se documenter sur l’organisation des services de traduction et d’interprétation simultanée des Nations Unies. De son voyage dans...

  10. IV. PROCESSUS DE LA TRADUCTION

    • Objectif 9 REPORT, REMÉMORATION, CRÉATION DISCURSIVE
      (pp. 165-172)

      Nous entendons par processus (cognitif) de la traduction l’opération intellectuelle par laquelle le traducteur établit des équivalences interlinguistiques après avoir dégagé des textes le sens le plus probable. Lors de cette opération complexe, le traducteur procède, de manière plus ou moins consciente et ordonnée, à l’interprétation et à l’analyse des particularités du texte de départ, à l’application de procédés de traduction, à la dissociation des langues en présence, à l’exploration des ressources de la langue d’arrivée, au choix des moyens de réexpression et à la vérification de la pertinence des équivalences retenues. Ce neuvième objectif ainsi que les suivants portent...

    • Objectif 10 CORRESPONDANCES VS ÉQUIVALENCES : LES MOTS
      (pp. 173-178)

      Quand on traduit, on ne transpose pas des mots d’une langue en une autre, mais toujours des unités le sens s’intégrant dans un ensemble cohérent, un texte. «La traduction serait un jeu d’enfant, écrit Jacques Rancourt, s’il suffisait, pour l’exercer, d’aller cueillir chaque fois dans la langue d’en face les éléments correspondants à ceux du texte initial et de les disposer dans le même ordre. Or que l’on prenne, justement, deux langues et qu’on essaie de les placer face à face, on obtiendra le même résultat qu’avec deux tranches d’emmenthal choisies au hasard et appliquées l’une contre l’autre. Il y...

    • Objectif 11 CORRESPONDANCES VS ÉQUIVALENCES : LES PHRASES
      (pp. 179-184)

      L’objectif précédent a montré comment les mots d’un texte perdent leurs virtualités de signification et acquièrent un sens en fonction du contexte et des compléments cognitiis dont ils s’enrichissent. Le présent objectif porte sur une unité plus grande que le mot, le phrase, maillon syntaxique reliant le mot au contexte.

      La phrase est-elle une unité autonome du discours? Suffit-il de traduire chaque phrase l’une à la suite de l’autre et indépendamment des autres pour transmettre le sens d’un texte? Pour répondre à cette question, il faut s’interroger brièvement sur la nature d’un texte. À quoi reconnaît-on un texte? Un texte...

    • Objectif 12 COMPLÉMENTS COGNITIFS
      (pp. 185-192)

      Le sens est l’objet de la traduction. Le traducteur y accède principalement par deux voies : lessignes linguistiques, plus précisément la signification pertinente des mots du texte de départ, et lescompléments cognitifs, c’est-à-dire les connaissances extralinguistiques mobilisées au moment de la cherche d’une équivalence et qui sont indispensables à la constitution du sens. Les renseignements concernant l’auteur et les destinataires du texte, la connaissance du domaine et le contexte cognitif (v. le Glossaire) sont des compléments cognitifs. Le traducteur n’aborde jamais un texte l’esprit vide de toute connaissance, pas plus qu’un lecteur qui se plonge dans la lecture...

    • Objectif 13 TRADUIRE LITTÉRALEMENT OU LIBREMENT?
      (pp. 193-201)

      Le traducteur n’est pas un eunuque commis à la garde des mots. Au moment où, ayant saisi le sens d’un énoncé, il lui faut le réexprimer dans une autre langue, il ne jouit pas non plus d’une liberté totale comme celle des créateurs. Le traducteur n’est ni l’esclave des parties du discours, ni un adepte de l’àpeu-près. Le processus cognitif de la traduction est une recherche de la coïncidence la plus parfaite possible entre une idée et sa formulation, entre le sens et son expression. S’il y a concordance formelle entre un segment de l’énoncé original et sa reformulation dans...

    • Objectif 14 CRÉATIVITÉ DU TRADUCTEUR
      (pp. 202-210)

      On associe habituellement la notion de «créativité» aux artistes (peintres, sculpteurs, compositeurs, écrivains) et aux membres de certaines professions ayant une forte composante artistique (publicitaires, designers, concepteurs graphiques). Ces créateurs de «choses nouvelles et originales» (tableaux, pièces musicales, oeuvres littéraires, annonces, vêtements) mettent en oeuvre leur pouvoir d’invention. Ils ne se contentent pas de reproduire ce qui existe déjà en le copiant. C’est pourquoi on leur reconnaît un «esprit créateur», une «imagination créatrice», voire un «génie créatif».

      Les traducteurs n’appartiennent pas à cette catégorie de créateurs. Du moins, ils ne font pas preuve de «créativité pure» puisqu’ils travaillent sur un...

  11. V. RÈGLES D’ÉCRITURE

    • Objectif 15 USAGES CODIFIÉS DE RÉDACTION
      (pp. 213-216)

      Nous avons vu à l’objectif premier qu’il est utile de distinguer trois niveaux de maniement du langage en traduction : les règles d’écriture, l’interprétation et la cohérence. Le premier de ces niveaux, les règles d’écriture, sans aucun doute le plus élémentaire, est celui des usages de rédaction. Il englobe toutes les exigences de présentation formelle des textes, différant ou non d’une langue à l’autre. Et la liste est longue : sigles, symboles, abréviations, écriture des nombres, emploi des majuscules, des minuscules et de l’italique, division des mots, ponctuation (la «signalisation routière de l’écriture» – F. Cavanna), signes typographiques (guillemets, parenthèses,...

    • Objectif 16 FÉMINISATION
      (pp. 217-223)

      L’arrivée massive des femmes sur le marché du travail et dans tous les secteurs d’activité a eu pour effet de bousculer bien des habitudes, notamment dans le domaine langagier. Soucieuses de refléter leur présence au sein de leur personnel, la majorité des administrations publiques, des organisations internationales et des grandes entreprises privées se sont dotées au fil des ans de lignes de conduite visant à éviter l’emploi de formes stéréotypées dans leurs communications.

      Au Canada, en particulier, le gouvernement fédéral (par le truchement du Conseil du Trésor et du Bureau de la traduction) et le gouvernement provincial du Québec (par...

    • Objectif 17 NOTES DU TRADUCTEUR (N.d.T.)
      (pp. 224-232)

      Les avis sont partagés sur la pertinence des notes du traducteur, qui se greffent au texte original. Certains critiques les condamnent avec véhémence, y voyant une solution de paresse, un aveu d’échec, une preuve d’incompétence, ou encore une forme humiliante de déshonneur : «La note en bas de page est la honte du traducteur…» (Aury 1963 : xi). Nombreux, pourtant, sont les traducteurs qui les utilisent, estimant qu’elles ont leur raison d’être. Pourquoi les bannir systématiquement si elles servent bien l’auteur, son texte et les lecteurs? Ne contribuent-elles pas à la réexpression du sens qui se trouve ainsi réparti entre...

  12. VI. DIFFICULTÉS D’ORDRE LEXICAL

    • INTRODUCTION
      (pp. 235-238)

      Avec le sixième objectif général, nous abordons certains aspects lexicaux du langage. Après un premier objectif spécifique consacré à la précision du vocabulaire, au «mot juste», les treize objectifs suivants portent sur l’interprétation de mots polyvalents qui foisonnent dans les textes pragmatiques anglais. Les sept derniers traitent d’aspects particuliers, comme la caractérisation, le sens propre et le sens figuré, les mots français dans le texte de départ, l’économie, l’étoffement et les anglicismes de fréquence.

      Deux mots, l’un anglais, l’autre français, se ressemblant par la forme et le sens n’ont pas forcément la même fréquence dans leur système linguistique respectif. Par...

    • Objectif 18 MOT JUSTE
      (pp. 239-253)

      Victor Hugo a écrit : «La forme, ce n’est que le fond qui remonte à la surface.» D’où l’importance du mot juste, de sa signification pertinente qui concourt à la production du sens, de sa charge connotative, de sa texture, de sa couleur, de sa saveur. Pour sa part, l’écrivaine québécoise Nicole Brossard a observé à propos des choix lexicaux : «La question qui se pose en traduction comme en écriture est celle du choix. Quel signifiant privilégier, élire pour animer en surface les multiples signifiés qui s’agitent invisibles et efficaces dans le volume de la conscience?» (Brossard 1984 :...

    • Objectif 19 AVAILABLE
      (pp. 254-257)

      Les traducteurs d’expérience savent que l’aire sémantique du mot «disponible» ne recouvre pas intégralement celle d’available. N’ayant pas toutes les acceptions de son pendant anglais, «disponible» donne lieu à des emplois critiqués. Ce ternie a fait l’objet d’une étude et d’un article publié dans l’Actualité terminologiqueen 1992. Pour présenter cette difficulté, nous nous bornerons à reproduire des extraits de la conclusion de cette étude, qui résume l’essentiel du propos de l’auteur. Les astérisques signalent des exemples d’emplois critiqués ou erronés.

      D’après les définitions et les exemples que nous avons vus dans les dictionnaires généraux et les mises en garde...

    • Objectif 20 CHALLENGE
      (pp. 258-261)

      Peut-on toujours traduirechallengepar «défi»? En français, «défier quelqu’un» c’est : a) l’inviter à venir se mesurer comme adversaire («Défier un ami aux échecs»); b) douter de sa capacité à faire quelque chose («Je te défie de lever ces haltères»). «Défi» et «défier» ont aussi le sens de refus de se soumettre («Ce geste est un défi à l’autorité policière»). Pour que l’on puisse parler de défi au sens propre, il faut donc qu’il y ait un «agent» et un «patient», c’est-à-dire qu’il y ait un obstacle à surmonter et un rival à vaincre. Dans son article sur le...

    • Objectif 21 CONTROL
      (pp. 262-265)

      Les motscontrolet «contrôle» sont proches et par la forme et par le sens. Ils se distinguent néanmoins par une nuance importante qu’avait bien décrite Pierre Daviault : «L’anglaiscontrolse dit quand naît dans l’esprit l’idée d’une autorité exercée d’une façon quelconque, tandis que le terme françaiscontrôledésigne “la vérification administrative et, au figuré, l’action de soumettre à un examen minutieux les actes de quelqu’un” (Hatzfeld et Darmesteter). Nous pouvons donc poser cette règle, un peu sommaire sans doute, mais qui suffit à résoudre presque tous les cas : l’anglais éveille l’idée dedirection, d’autorité; le français...

    • Objectif 22 CORPORATE
      (pp. 266-269)

      Le déterminantcorporateest venu combler un vide adjectival dans la langue anglaise qui ne disposait pas encore de mot simple et unique pour désigner «ce qui concerne une société de commerce», comme le français a le mot «social» (raison sociale).Corporatea donc servi à normaliser, sinon à uniformiser un secteur très important de la langue commerciale nord-américaine. Dans bien des cas, il faut le rendre par une périphrase ou une modulation.

      Corporatepeut revêtir les sens généraux suivants : central, vaste, général, grand (corporate business = big business), de société, d’entreprise, de grande entreprise, collectif, d’ensemble. Il peut...

    • Objectif 23 DEVELOPMENT
      (pp. 270-274)

      Le motdevelopmentpeut se traduire dans bien des cas par «développement», mais ses acceptions sont beaucoup plus nombreuses que celles de son quasi-homographe français. Il faut se méfier de l’association obstinée dans notre mémoire du mot anglais et de son correspondant morphologique. Voici ce qu’écrit à ce sujet le linguiste et angliciste Maurice Pergnier :

      Le verbe anglaisdevelopet le nomdevelopmentqui en dérive ont acquis un large éventail d’acceptions qui ne recouvrent que très partiellement celles des mots français dont ils sont issus. Il faut avoir recours à de nombreux termes français différents pour exprimer les...

    • Objectif 24 IDENTIFY
      (pp. 275-278)

      Bien qu’ils se ressemblent par la forme et le sens, les verbes toidentifyet «identifier» n’ont pas tout à fait la même aire sémantique. «Identifier» c’est :a) considérer comme identique;b) reconnaître («je n’arrive pas à l’identifier», «identifier un malfaiteur»);c) reconnaître comme appartenant à une certaine espèce ou classe d’individus («Je ne parviens pas à identifier cette plante»);d) s’identifier : devenir identique, se confondre (l’acteur s’identifie à son personnage). En anglais, toidentifyenglobe les sens du verbe français mais en possède aussi un autre : établir ou sélectionner par considération ou analyse des circonstances (to...

    • Objectif 25 INVOLVE
      (pp. 279-282)

      Le verbe «impliquer» surgit spontanément à l’esprit lorsqu’il faut traduire toinvolve. Il se dit aussi bien des personnes que des choses. Mais est-ce le mot juste dans tous les cas? Jusqu’à ces récentes années, lorsqu’on l’employait en parlant de personnes, «impliquer» ne suggérait rien de positif. Il avait une nuance péjorative et évoquait l’idée de responsabilité relativement à une erreur ou à une faute commise. Exemple : «Ce député, impliqué dans une affaire de moeurs, s’est vu forcé de remettre sa démission.» Sans doute sous l’influence omniprésente de l’anglaisto involve, le verbe français a élargi son aire sémantique....

    • Objectif 26 ISSUE
      (pp. 283-285)

      Nous traiterons dans cet objectif à la fois du substantifissueet du verbe toissue. Dans le premier cas, il s’agit de faire correspondre au mot anglais un équivalent qui soit le mot juste, le motissuefonctionnant plus ou moins dans la langue anglaise comme un générique très polyvalent. Dans le second cas, le problème se pose différemment. Les traducteurs comme les rédacteurs ont tendance à faire un usàge abusif du verbe «émettre» pour traduireto issuedans des contextes où le français exigerait normalement l’emploi d’un autre verbe.

      Le substantif. Dans sonLexique analogique, Jacques Dubé (1997...

    • Objectif 27 -MINDED, -CONSCIOUS, -ORIENTED
      (pp. 286-290)

      Les expressions formées de ces trois déterminants – fréquentes dans les textes pragmatiques – sont souvent difficiles à traduire en français. Elles se prêtent bien, par conséquent, à un exercice d’interprétation et de reformulation en fonction du contexte. Le but visé ici est de s’habituer à se détacher des mots du texte de départ lorsqu’il le faut et à reformuler l’idée en ayant recours à d’autres ressources linguistiques. La présentation sommaire de cette difficulté s’inspire d’une étude effectuée par Gilles Leclerc pour le compte de l’Office de la langue française du Québec.

      Pour indiquer une tournure d’esprit, un goût, une...

    • Objectif 28 PATTTERN
      (pp. 291-294)

      Certains mots semblent ne pas avoir de frontières sémantiques bien définies.Patternest l’un de ces mots. D’où l’intérêt particulier que présente sa traduction du point de vue de l’interprétation, de l’extraction du sens en contexte. Même les meilleurs dictionnaires bilingues ne donnent qu’un faible aperçu des multiples effets de sens de ce mot «passe-partout». Ils proposent tout au plus une douzaine de correspondants. Un traducteur ne saurait se limiter à ces seules possibilités de traduction pour rendre en un français idiomatique toutes les nuances du motpattern. La précision du vocabulaire, la recherche du mot juste, l’exige. La liste...

    • Objectif 29 POLICY / PROCEDURE
      (pp. 295-299)

      Le motpolicya toujours donné du fil à retordre aux traducteurs de l’administration publique. Ce mot à très haute fréquence d’emploi a un sens très élastique. Dans sonLexique analogique, Jacques Dubé en traite sur une vingtaine de pages. En simplifiant et en ramenant la notion exprimée parpolicyà ses éléments essentiels, on peut dire que ce mot désigne soita statement of intention, soita pattern of conduct. Dans le premier sens, il se rend par «politique», qu’il s’agisse ou non d’affaires publiques. Dans le second sens, il équivaut plutôt à «principe directeur», «directive», «pratique». C’est la...

    • Objectif 30 PROBLEM
      (pp. 300-303)

      Sous la plume de certains traducteurs pressés, le motproblemne semble avoir aucun autre équivalent que «problème». L’abus de cette solution de facilité dénote certes une pauvreté de vocabulaire, mais elle fait aussi du français une langue asservie au modèle original. Il incombe au traducteur de résister à cet «aplatissement» du vocabulaire en puisant dans les ressources du français. Il y a lieu de rappeler ici le principe énoncé dans l’introduction du sixième objectif général consacré aux difficultés d’ordre lexical : «les génériques de la langue dominante tendent à chasser les spécifiques qui leur correspondent dans la langue dominée»....

    • Objectif 31 SYSTEM
      (pp. 304-307)

      Le mot «système» évoque en français un ensemble organisé d’élémentsintellectuels. Ainsi, les médecins parlent à juste titre de «système nerveux» (nervous system), car c’est une entité histologique, formée de tissus semblables, mais ils disent improprement : «système respiratoire» (appareil respiratoire :respiratory system) et «système urinaire» (voies urinaires, appareil urinaire :urinary system), qui sont des ensembles d’organes accomplissant la même fonction.Le Petit Robertnote d’ailleurs : «En langage courant, on appelle aussi système divers appareils anatomiques.» La lecture de manuels et articles techniques révèle que les rédacteurs font un usage abusif des motssystemet «système», là...

    • Objectif 32 CARACTÉRISATION
      (pp. 308-314)

      On appelle «caractérisation» le fait d’apporter une précision à un nom, à un adjectif ou à un verbe au moyen d’un adjectif, d’une locution adjectivale, d’un adverbe, d’une locution adverbiale ou d’un substantif en apposition (mode printemps, destination soleil, clinique minceur, sac fraîcheur, avion radar, emballage cadeau, joueur étoile). La caractérisation nous oblige à clairement distinguer en français les «adjectifs qualificatifs» des «adjectifs de relation», distinction non pertinente en anglais du point de vue de la traduction. L’adjectifqualificatifexprime une manière d’être, une qualité de l’être ou de l’objet désigné par le nom auquel il se rapporte, tandis que...

    • Objectif 33 SENS PROPRE, SENS FIGURÉ
      (pp. 315-319)

      Les notions de «sens propre» et de «sens figuré» revêtent une importance particulière en traduction. En effet, les mots d’une langue n’ont pas tous un sens figuré : un mot de la langue de départ peut avoir un sens figuré, mais pas son correspondant en langue d’arrivée, tel autre mot de la langue de départ et son correspondant en langue d’arrivée pourront tous deux avoir un sens figuré, mais pas dans les mêmes contextes, etc. Dans un souci de simplification, nous avons ramené à trois les cas de figure qui se présentent aux traducteurs. Mais commençons par définir les deux...

    • Objectif 34 MOTS FRANÇAIS DANS LE TEXTE DE DÉPART
      (pp. 320-324)

      On aurait tort de croire que la traduction de mots français présents dans les textes anglais n’exige aucun effort de réflexion et qu’il suffit de les «reporter» dans le texte d’arrivée. Comme tous les autres mots étrangers, les mots français qui ne sont pas encore intégrés au lexique de la langue anglaise seront habituellement signalés par des italiques ou des guillemets. Ceux qui sont «naturalisés» ou très connus des lecteurs anglophones seront imprimés en caractères romains.

      Pour un rédacteur de langue anglaise, le mot français peut parfois être le mot juste ou encore une ressource stylistique. Il n’est pas rare,...

    • Objectif 35 ÉCONOMIE
      (pp. 325-329)

      Il y a économie lorsque le texte d’arrivée exprime avec des moyens lexicaux réduits les idées formulées dans le texte de départ. Nous distinguerons trois types d’économie : la «concentration», l’«implicitation» et la «concision». L’idéal visé par le traducteur est de garder le froment du sens sans la paille des mots inutiles au nom de la clarté, du respect du caractère idiomatique de la langue d’arrivée et de l’efficacité de la communication. Définissons les termes.

      Résultat d’une économie en langue d’arrivée liée à l’existence d’une correspondance se caractérisant par un nombre d’éléments inférieur à celui de la langue de départ....

    • Objectif 36 ÉTOFFEMENT
      (pp. 330-335)

      L’étoffement est à la fois un procédé et un résultat. C’est d’abord un procédé de traduction qui consiste à utiliser dans le texte d’arrivée un plus grand nombre de mots que n’en compte le texte de départ pour réexprimer une idée ou renforcer le sens d’un mot du texte de départ dont la correspondance en langue d’arrivée n’a pas la même autonomie. C’est le contraire de l’économie que nous avons vu à l’objectif précédent. Selon les auteurs de laStylistique comparée du français et de l’anglaisqui ont forgé ce néologisme, «l’étoffement est le renforcement d’un mot qui ne se...

    • Objectif 37 THIS
      (pp. 336-339)

      L’objectif précédent, consacré à l’étoffement, nous a bien préparé pour aborder le cas du déictiquethis. On appelle «déictique» tout mot dont le réfèrent ne peut être précisé que par un renvoi à un des éléments de la situation d’énonciation. Le terme déictique est dérivé du mot grec δεῖξις (deixis), qui signifie «action de montrer». Parmi les nombreux mots qui remplissent cette fonction dans la langue, on peut citer les démonstratifs, les adverbes de lieu et de temps, les pronoms personnels et les articles. Leur traduction ne pose généralement pas de difficultés pour qui connaît les langues. Il y a...

    • Objectif 38 ANGLICISMES DE FRÉQUENCE
      (pp. 340-348)

      Nous employons ici le mot anglicisme dans le sens très large et très général de «façon anglaise de s’exprimen». Plus précisément, nous lui donnons le sens élargi d’«empreinte», plutôt qu’emprunt, de la langue anglaise sur la langue française, cette empreinte étant l’effet d’un mimétisme interlinguistique. «La nocivité des traductions médiocres n’a pas l’évidence des fautes de grammaire caractérisées; elle est plus insidieuse et par conséquent plus dangereuse. Il s’agit presque toujours d’une légère déformation qui porte atteinte au génie de la langue» (Darbelnet 1968 : 44). Par «génie de la langue», expression décriée par les linguistes, il faut entendre ici...

  13. VII. DIFFICULTÉS D’ORDRE SYNTAXIQUE

    • INTRODUCTION
      (pp. 351-352)

      Lorsqu’il s’agit des textes pragmatiques, il importe assez peu, en règle générale, que le moule syntaxique dans lequel sont coulées les idées traduites soit identique à celui de la langue originale. La nécessité de canaliser différemment les idées conduit parfois à rejeter les structures originales. Ce réaménagement syntaxique suppose une bonne maîtrise de la langue.

      La langue de départ tend à déteindre sur la langue d’arrivée. On connaît les exemples classiques de la linguistique différentielle qui s’est appliquée à démontrer que des constructions superficiellement comparables entre deux langues recouvrent souvent des relations sémantiques profondément différentes et que, d’une similitude de...

    • Objectif 39 COMPARATIFS ELLIPTIQUES
      (pp. 353-358)

      En français, il existe trois degrés de l’adjectif qualificatif : lepositif(ex. : agréable), lecomparatifd’égalité, d’infériorité et de supériorité (ex. : aussi, moins, plus agréable) et lesuperlatif, qui peut être relatif (ex. : le plus agréable) ou absolu (ex. : très agréable). Nous appelons «comparatif elliptique» un comparatif implicite d’infériorité, d’égalité ou de supériorité formulé dans un énoncé sans que le second membre de la comparaison soit exprimé explicitement. Ce comparatif elliptique, que nous avions désigné du nom de «faux comparatif» dans la première édition de ce manuel, d’un usage très courant en anglais, n’est pas toujours,...

    • Objectif 40 STRUCTURES ORDINALES
      (pp. 359-362)

      La syntaxe anglaise admet les superlatifs relatifs de supériorité précédés d’un adjectif ordinal. Exemples :the second largest country,the fourth largest producer of gold, the world’s third largest telescope. Cette construction n’existe pas en français, mais il se peut qu’elle finisse par y être acceptée sous l’influence de l’anglais. Les bons rédacteurs l’évitent encore. Ils n’écriraient pas, par exemple, «*Le troisième plus gros télescope au monde». Pourquoi?

      Le superlatif relatif de supériorité exprime une qualité à son degré le plus élevé, par comparaison avec un ou plusieurs autres êtres ou objets. Exemples : «Elle est la plus généreuse de...

    • Objectif 41 AS
      (pp. 363-370)

      La conjonctionasa pour fonction grammaticale de relier logiquement deux propositions, et ce sont les éléments qu’elle raccorde qui lui confèrent son sens. Dans le présent objectif, nous excluons d’emblée les cas oùasintroduit une simple comparaison (comparatif d’égalité), car ils ne présentent aucune difficulté particulière d’interprétation pour qui connaît les langues. Nous nous attarderons plutôt aux emplois deasdont la traduction exige un effort de réflexion et d’analyse contextuelle. On a tendance, au Canada français tout au moins, à traduire abusivementaspar «alors que». Voici deux formulations fautives manifestement inspirées de l’anglais :

      Hier soir,...

    • Objectif 42 ON … BASIS
      (pp. 371-375)

      Beaucoup de rédacteurs et de chroniqueurs langagiers, sans parler des traducteurs, s’interrogent sur la légitimité des tours «sur la base de» et «sur une base + adjectif». Peut-on écrire : «Les décisions sont prises sur la base des données recueillies» ou encore «Les employés travaillent sur une base rotative»? Voyons tout d’abord la signification du mot «base» au sens propre et au sens figuré.

      Appui, bas, fondation, pied, socle, support. Ex. : la base d’une colonne, la base d’une montagne.

      Principe fondamental, point de départ servant à un calcul, élément qui sert d’appui, de soutien à quelque chose d’autre. Ex....

    • Objectif 43 WHEN
      (pp. 376-380)

      Certains mots simples et courants font trébucher les traducteurs débutants et parfois les traducteurs professionnels pressés par les échéances.Whenest un de ces mots. Au moins quatre de ses emplois en anglais présentent un piège pour celui qui traduit vers le français : lorsqu’il a une valeur causale, lorsqu’il marque la continuation, lorsqu’il est pronom ou adverbe relatif et, enfin, lorsqu’il vient aprèshardlyoubarely.

      Il y a tout d’abord lewhenà valeur causale qu’on a tort de traduire par «quand» ou «lorsque». Ex. :Two workers were injured when a fork-lift fell over. Une traduction mot...

    • Objectif 44 WHILE
      (pp. 381-384)

      Ayant à traduire la conjonctionwhile, très courante dans les textes anglais et souvent en tête de phrase, tout traducteur, débutant ou chevronné, pense spontanément aux locutions conjonctives «bien que» ou «alors que». Ces solutions, correctes du point de vue strictement grammatical, aboutissent cependant à des phrases lourdes et peu naturelles en français. Ajoutons à cela que le mode subjonctif qui suit obligatoirement la locution concessive «bien que» est toujours délicat à manier et donne lieu à de fréquentes fautes de langue. Songeons au maniement délicat de l’imparfait du subjonctif et à ses consonances plus ou moins disgracieuses : «Encore...

    • Objectif 45 WITH / SUCH
      (pp. 385-390)

      Nous traiterons dans cet objectif à la fois de la prépositionwithaux multiples rapports logiques et du déterminantsuchqui peut être à la fois adjectif, pronom ou adverbe. La préposition, tout comme la conjonction, joue dans la phrase le rôle de jointure. Sa fonction est de marquer un rapport de lieu, de temps, de possession, de manière, d’accompagnement, d’opposition, d’instrument. Une même préposition peut indiquer plus d’une dizaine de rapports distincts. À force de servir, les prépositions se sont usées et ont perdu leur signification propre. Elles sont devenues de simples mots-outils servant à articuler les phrases. La...

    • Objectif 46 DISJONCTIONS EXCLUSIVES
      (pp. 391-395)

      Une disjonction exclusive est une proposition qui renferme un choix assorti d’une condition. Soit les options A ou B. Si telle condition est remplie, l’option A s’applique, sinon c’est l’option B. Le choix à faire est donc restrictif, conditionnel, exclusif. Ex. : «Le contribuable payera 2500 $ ou 2 % de ses revenus annuels, si ce montant est plus élevé.»

      Les disjonctions les plus courantes en anglais sont formées du pronomwhichever,du verbe être et d’un comparatif de supériorité :whichever is the lower, whichever is the higher, whichever is the earlier, whichever is the later, whichever is the...

    • Objectif 47 DÉTERMINANTS JUXTAPOSÉS
      (pp. 396-401)

      L’un des traits les plus caractéristiques de la langue anglo-américaine est sa capacité d’accumuler devant le substantif, par simple juxtaposition, une longue suite de déterminants qui le modifient. Il ne semble pas y avoir de limite au nombre de déterminants antéposés qui forment avec le substantif une unité syntagmatique complexe.

      a. The Walkyrieis a rigid-wing single-surface tailless mono-plane hang-glider.

      b. Toshiba’s fully electronic quartz digital-synthesized tuning System is available in a selection of styles, sizes, features and price range. [Chaîne stéréo]

      a. Le Walkyrie est un deltaplane monoplace et monocoque à voilure fixe et sans queue.

      b. Le syntonisateur électronique...

    • Objectif 48 STRUCTURES RÉSULTATIVES
      (pp. 402-406)

      Cet objectif porte sur un autre aspect du maniement du langage : l’expression de la modalité. Nous verrons que la démarche de l’anglais diffère de celle du français à cet égard et que le procédé de traduction, appelé chassé-croisé, se révèle particulièrement utile au moment de la restitution des structures résultatives. Cet objectif sera aussi l’occasion d’approfondir les notions d’implicitation, de présupposé extradiscursif et de surtraduction.

      Nous entendons par «structure résultative» une construction syntaxique anglaise qui indique d’abord les modalités d’une action ou d’un phénomène avant le résultat produit. Les modalités (cause, manière, moyen) sont exprimées par le verbe, tandis...

    • Objectif 49 VERBES DE PROGRESSION, VERBES D’ABOUTISSEMENT
      (pp. 407-412)

      Il est important de faire la distinction entre les verbes de progression et les verbes d’aboutissement, car cela permet d’expliquer pourquoi «Les prix ont monté de 5 à 10 $» prête à équivoque et pourquoi «*Le prix est augmenté à 50 $» est un solécisme. En anglais, cette distinction est sans objet parce que c’est la préposition ou l’adverbe accompagnant le verbe qui indique la progression ou l’aboutissement. En français, la valeur sémantique des prépositions étant presque nulle, ces mots-outils ne sont pas aptes à remplir cette fonction qui est assurée par les verbes.

      Pour indiquer les variations d’une quantité...

    • Objectif 50 NÉGATIVATION
      (pp. 413-419)

      La fréquence relative des tours négatifs en anglais et en français n’a pas fait l’objet jusqu’ici de nombreuses études comparatives. Deux auteurs, cependant, se sont intéressées à cet aspect particulier du discours dans une perspective comparative. Il s’agit de Suzanne Pons-Ridler et de Geneviève Quillard que nous remercions de nous avoir permis d’utiliser le fruit de leurs recherches pour exposer cette difficulté du maniement du langage. Leurs travaux, cités dans les suggestions de lecture, tendent à confirmer la prédilection de la langue française pour les constructions négatives. Les textes français renferment, en effet, un plus grand nombre de tours grammaticalement...

    • Objectif 51 PARTICIPES PRÉSENTS ET RAPPORTS LOGIQUES
      (pp. 420-424)

      La proposition participiale est d’un emploi très fréquent en anglais, sans doute plus fréquent qu’en français, où les formes nominalisées, les infinitifs et les participes passés font concurrence aux tournures verbales et adjectivales qui se terminent par «-ant».

      Les cas qui retiendront notre attention ici sont les emplois du participe présent anglais qui donnent lieu à des solécismes (fautes de syntaxe) ou à des interférences par suite d’une mauvaise interprétation des rapports logiques les reliant à la proposition principale. Au moyen d’une même forme (en -ing), la langue anglaise exprime une variété de relations logiques que le français ne peut...

    • Objectif 52 VOIX PASSIVE
      (pp. 425-429)

      Lorsqu’il est question de style, les auteurs d’ouvrages sur l’art d’écrire ou de manuels traitant des techniques de la rédaction professionnelle ont coutume de multiplier les mises en garde contre l’abus de la voix passive en français. Certains professeurs de traduction ou de rédaction leur font écho et vantent les mérites de la voix active en français. L’anglais affectionnerait le passif, tandis que le français, ami des tournures actives, chercherait à l’éviter à tout prix.

      En réalité, la question n’est pas aussi tranchée. L’emploi de la voix passive se justifie en français comme en anglais par le désir de mettre...

    • Objectif 53 TOURNURES NOMINALES, TOURNURES VERBALES
      (pp. 430-436)

      Un autre aspect du maniement du langage dont doit tenir compte un manuel d’initiation à la traduction de l’anglais vers le français est la nécessité de rendre fréquemment une structure verbale anglaise par une structure nominale en français. Lorsqu’ Alexandre Calder, l’inventeur des sculptures mobiles, est mort en novembre 1976, la revueTimea titré :Calder: The Mobile Stopset le magazine françaisL’Express: «Mort d’un mobile». Le titre français n’est pas la traduction de l’anglais. Tout naturellement le journaliste français a choisi une tournure nominale, contrairement à son collègue américain. On pourrait multiplier ce genre d’exemples. Sur...

  14. VIII. DIFFICULTÉS D’ORDRE RÉDACTIONNEL

    • INTRODUCTION
      (pp. 439-439)

      Il arrive un moment où l’apprentissage de la traduction se confond avec celui de la bonne rédaction. «AU translation problems finally resolve themselves into problems of how to write well in the target language» (Newmark 1982 : 17). «La traduction offre toutes les difficultés inhérentes à la rédaction», (Pierre Daviault, cité dans Michaud 1945 : 134). On aurait tort de dissocier traduction et rédaction, activités qui sont en réalité deux formes d’une même opération intellectuelle. L’écrivain et traducteur Michel Tournier a écrit à ce sujet : «Traduire de l’anglais en français, ce n’est pas un problème d’anglais, c’est un problème...

    • Objectif 54 CONCISION
      (pp. 440-447)

      Auguste Rodin se plaisait à répéter : «Pour faire une sculpture, je prends un bloc de marbre et j’enlève ce qu’il y a de trop.» Cette boutade nous introduit assez bien dans ce que nous aimons appeler l’«esthétique du dépouillement». La concision est un fait de discours, non de langue. Elle relève de l’application des techniques de rédaction. C’est l’usager qui est plus ou moins concis, plus ou moins verbeux dans l’expression de ses pensées quand il les couche par écrit. Il arrive souvent que les textes traduits soient plus longs que les originaux (v. dans le glossaire les notions...

    • Objectif 55 ÉLIMINATION DES RELATIVES
      (pp. 448-452)

      L’art d’écrire se manifeste, entre autres, par l’aptitude à procéder à des substitutions opportunes. Grâce à des solutions équivalentes bien choisies, on peut varier l’expression, alléger ses phrases et leur donner un tour aisé et idiomatique. La suppression des propositions relatives est une façon de renforcer la cohérence d’une traduction et d’atteindre la concision. C’est sûrement la façon la plus simple de supprimer les longueurs inutiles d’un texte, et les bons traducteurs ne manquent pas de recourir à ce procédé. Il est toujours souhaitable d’éliminer les encombrants pronoms relatifs. L’abus des relatives en cascade, alourdit singulièrement un style. Il est...

    • Objectif 56 DÉPERSONNALISATION
      (pp. 453-458)

      Il est fréquent que les rédacteurs anglo-saxons s’adressent directement à leurs lecteurs, là où un auteur de langue française préférera rester impersonnel. Le premier procède à une sorte de prise en charge affective du lecteur, tandis que le second adoptera un registre neutre. Les destinataires de langue française ne semblent pas avoir les mêmes attentes que les lecteurs anglo-américains en ce qui concerne, par exemple, la communication d’une information technique. Il souhaite une information claire, objective, précise et efficace, sans enrobage affectif. C’est souvent au moyen du pronom personnelyouque les auteurs de langue anglaise donnent à certains de...

    • Objectif 57 ANAPHORES ET ET RÉPÉTITIONS
      (pp. 459-467)

      Dans sonArt poétique, Horace écrit à propos des poèmes : «L’un plaît une fois, l’autre cent fois répété, plaira toujours.» (v. 365). De ce vers, on a tiré l’aphorisme «Bis repetita placent» (Les choses répétés plaisent). Cela s’applique-t-il vraiment à toutes les répétitions? Aux répétitions d’idées comme aux répétitions lexicales? Toutes les répétitions sont-elles «légitimes», justifiées?

      Cas particulier de la répétition, l’anaphore est un procédé rhétorique qui consiste à reprendre un même mot ou groupe de mots au début d’énoncés successifs afin de mettre en relief l’expression ainsi répétée. La comparaison de nombreux textes pragmatiques anglais avec leur traduction...

    • Objectif 58 AUXILIAIRES MODAUX : CAN / MAY / SHOULD
      (pp. 468-476)

      Les auxiliaires modaux servent à exprimer le point de vue du locuteur à l’égard de son sujet. Ces verbes défectifs remplacent souvent le mode du subjonctif qui, comme on le sait, sert à exprimer un ordre, une exhortation, une défense, un souhait, un désir, un regret, une concession, une supposition, une éventualité, une hypothèse, etc. En anglais, les auxiliaires modaux sontcan (could), may (might), shall (should), will (would), must, ought toet en français «devoin», «pouvoir», «savoir», «vouloir», «falloir». Le présent objectif porte uniquement surcan,mayetshoulddont la fréquence dans les textes pragmatiques est très élevée,...

    • Objectif 59 LOCUTIONS, CLICHÉS, IDIOTISMES
      (pp. 477-496)

      Les locutions, clichés et idiotismes sont les plus courts chemins entre deux idées. Nous pourrions appliquer également à l’anglais ce que Charles Bally dit de la langue française : «Le français est une langue où il est extrêmement facile de parler et d’écrire en enfilant les clichés. [Cette langue] a le goût des formules définitives, des maximes frappées comme des médailles [et souvent] à base d’antithèse» (Bally 1944 : § 571). Les expressions figées abondent dans toutes les langues. Avec la syntaxe, elles constituent la spécificité d’un idiome par le découpage particulier qu’elles pratiquent de la réalité. Un traducteur de...

    • Objectif 60 LES ALLUSIONS
      (pp. 497-501)

      Les locutions, clichés et idiotismes étudiés à l’objectif précédent nous amènent tout naturellement à traiter des allusions. Nous nous intéresserons plus spécialement aux allusions dites «prestigieuses», c’est-à-dire celles qui évoquent des faits historiques, culturels, sociaux ou religieux, des titres de romans ou de films, des vers, des comptines, des paroles de chansons, des modes, des dictons, des proverbes ou des aphorismes de la sagesse populaire. Les journalistes et les publicitaires sont tout particulièrement friands de ce procédé d’écriture :

      La valeur n’attend pas le nombre des années.

      Mais il y a des exceptions parmi les scotches.

      Cette réclame des scotches...

    • Objectif 61 MÉTAPHORES
      (pp. 502-515)

      La métaphore est une figure de style qui consiste en une comparaison elliptique fondée sur l’analogie de deux objets, de deux notions, de deux situations présentant quelque caractère commun. Elle s’adresse à la fois à la raison et à l’imagination, et représente pour l’écrivain et le rédacteur une formidable économie de moyens. La métaphore dynamise un récit et rehausse son pouvoir évocateur par la production d’images mentales. Elle est aussi une forme de traduction, car elle exprime une réalité abstraite au moyen de termes concrets.

      Dans sonPrécis des figures de style, Christine Klein-Lataud (1991 : 72-85) classe les métaphores...

    • Objectif 62 JUXTAPOSITION / COORDINATION VS ARTICULATION / SUBORDINATION
      (pp. 516-523)

      Il est admis que l’anglais manifeste une certaine prédilection pour la juxtaposition et la coordination, alors que le français préfère l’articulation et la subordination. Tatiana Slama-Cazacu a écrit : «Un Français moderne, se soumettant au système actuel d’expression, ne construit plus ses phrases en se basant surtout sur la coordination, mais bien sur la subordination» (Slama-Cazacu 1961 : 53-54). Pour sa part, Jacques Duron affirme : «L’anglais juxtapose des moments de pensée que le français préfère lier dans un ensemble : à la phrase anglaise, souvent faite de segments propositionnels mis bout à bout, la phrase française oppose un idéal...

    • Objectif 63 FAUSSE QUESTION
      (pp. 524-529)

      La fausse question (rhetorical question) est un procédé de rhétorique connu aussi sous les noms de «pseudo-interrogation», «fausse interrogation» ou «question oratoire». Ce procédé rhétorique consiste à poser une question dans le corps d’un texte, sans que cette interrogation soit suivie d’une réponse explicite. Les fausses questions sont fréquentes dans les documents publicitaires, les dépliants promotionnels, les brochures de vulgarisation et toute forme d’écrits qui cherchent à convaincre le lecteur ou à établir une sorte de dialogue avec lui. Mais en fait, on en retrouve dans tout genre de documents, qu’il s’agisse de textes pragmatiques ou littéraires.

      Microwaves perform at...

    • Objectif 64 LOGIQUE
      (pp. 530-536)

      La logique est une des qualités des bons traducteurs. L’aptitude à raisonner de manière rigoureuse est essentielle à la pratique de la traduction. Pour arriver à réexprimer le sens d’un énoncé dans une autre langue, il faut procéder par raisonnement, par associations successives d’idées, par inférences. La compétence d’un traducteur dépend dans une large mesure de ses capacités déductives et associatives. Cette faculté de raisonner logiquement s’exerce non seulement à l’étape de l’interprétation du sens, phase impliquant la capacité d’intégration de connaissances multiples, mais aussi à celle de la réécriture. La réflexion du traducteur porte donc sur deux objets distincts...

    • Objectif 65 COHÉRENCE ET COHÉSION
      (pp. 537-548)

      Il importe de bien distinguer les notions de «cohérence» et de «cohésion». La cohérence est la qualité d’un texte ou d’un énoncé dont tous les éléments sont interdépendants et forment un ensemble lié. Elle est fonction de divers éléments : enchaînement des énoncés, choix du vocabulaire, clarté et précision des rapports logiques, absence de disparates ou d’hiatus dans l’exposition et la progression des idées, etc. La cohérence se situe sur le plan logique, conceptuel.

      Au sens propre, la cohésion est la force qui maintient unies les molécules d’un corps. Métaphoriquement, en linguistique, ce terme désigne la qualité linguistique d’un texte...

    • Objectif 66 RÉSEAUX LEXICAUX
      (pp. 549-552)

      Un réseau lexical est un groupe de mots qui, dans un texte, forme un sous-ensemble sémantique et thématique. On peut également définir le réseau lexical, aussi appelé «champ lexical», comme l’«ensemble des mots utilisés dans un texte pour caractériser une notion, un objet, une personne» (Reuter 1997 : 75). Un texte n’est pas uniquement constitué d’une forme et d’un sens. Il a aussi le sens de sa forme. Il «fonctionne» d’une certaine manière, ilfaitquelque chose. La traduction doit, elle aussi, faire ce que fait le texte original. Un texte est une logique, un système, il est «le système...

    • Objectif 67 RENFORCEMENT DU CARACTÈRE IDIOMATIQUE DU TEXTE D’ARRIVÉE
      (pp. 553-565)

      Contrairement à l’unilingue, le traducteur travaille à la frontière de deux langues. Il risque donc grandement de limiter son expression aux seules ressources que lui suggère la langue de départ et de n’utiliser qu’une fraction des possibilités expressives qui se présenteraient naturellement à son esprit s’il rédigeait spontanément dans sa langue dominante. Bien que l’expression soit un moyen et le contenu, la fin, dans le cas des textes pragmatiques tout au moins, il reste que le traducteur doit épargner aux lecteurs le désagrément de lire un texte imprégné du souvenir de la langue de départ. Avec des mots bien français...

    • Objectif 68 TEXTES MAL ÉCRITS
      (pp. 566-574)

      D’aucuns pourraient contester le droit du traducteur d’améliorer le texte de départ, de le clarifier, d’en rectifier les faiblesses de rédaction, notamment en le présentant sous une forme plus concise. D’un point de vue éthique, le traducteur peut-il corriger l’auteur du texte original qu’il a accepté de traduire? Où s’arrêtent ses devoirs envers l’auteur et où commencent ses obligations envers ses futurs lecteurs? Est-ce être infidèle à un auteur d’un texte pragmatique que de lui donner implicitement des leçons de clarté? Le traducteur s’abstiendra de corriger la forme de l’original si les défauts de composition du texte de départ sont...

  15. Annexe LECTURES COMPLÉMENTAIRES
    (pp. 575-582)
  16. BIBLIOGRAPHIE
    (pp. 583-604)