L’exploitation du phoque à l’embouchure du Saguenay par les Iroquoiens de 1000 à 1534

L’exploitation du phoque à l’embouchure du Saguenay par les Iroquoiens de 1000 à 1534

Michel Plourde
Copyright Date: 2012
Pages: 274
https://www.jstor.org/stable/j.ctt5vkcrq
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    L’exploitation du phoque à l’embouchure du Saguenay par les Iroquoiens de 1000 à 1534
    Book Description:

    Au cours du Sylvicole supérieur (1000-1500), le secteur de l’embouchure du Saguenay aurait été exploité par des Iroquoiens du Saint-Laurent en quête de ressources marines, plus particulièrement de phoque. Ces groupes provenaient vraisemblablement de la région de Québec où se trouvaient leurs camps de base et auraient ainsi développé une forme d’adaptation aux ressources marines de l’estuaire, faisant d’eux les groupes iroquoiens les plus mobiles de toute la vallée du Saint-Laurent. Dans cette étude, nous avançons que l’exploitation des mammifères marins fut pratiquée en deux temps : d’abord au printemps, lors de courtes périodes, par des chasseurs masculins attirés par le phoque du Groenland, puis en été, par des familles entières profitant de la présence de phoques gris et communs. Les pinnipèdes étaient probablement traqués sur la batture ou sur les glaces et abattus à la hache ou à l’arc et à la flèche. Puisque les résidus alimentaires retrouvés dans les vases de cuisson étaient surtout composés de poissons et de mammifères terrestres, les sous-produits de la chasse au phoque auraient été rapportés dans la région de Québec et utilisés comme réserves de nourriture, matière première ou monnaie d’échange. Nous défendons également l’hypothèse que ces excursions dans l’estuaire n’étaient pas nécessairement liées à la précarité de l’agriculture dans la région de Québec puisque cette pratique aurait été adoptée tardivement, soit après 1300 et peut être même à partir de 1400.

    eISBN: 978-2-7603-2070-3
    Subjects: Archaeology, History

Table of Contents

  1. Front Matter
    (pp. i-vi)
  2. Table of Contents
    (pp. vii-x)
  3. LISTE DES FIGURES
    (pp. xi-xi)
  4. LISTE DES TABLEAUX
    (pp. xii-xiv)
  5. LISTE DES PLANCHES
    (pp. xv-xvi)
  6. REMERCIEMENTS
    (pp. xvii-xviii)
  7. INTRODUCTION
    (pp. 1-2)

    L’univers iroquoien couvrait toute la vallée du Saint-Laurent à la période de contact. Les groupes qui occupaient la portion orientale de ce territoire et que Jacques Cartier a nommés ceux de la « province de Canada » ont développé un mode de subsistance intégrant les ressources marines de l’estuaire (Chapdelaine 1993a, Fenton 1940, Hoffman 1961). Guidées par les découvertes antérieures, les campagnes de fouilles réalisées depuis le début des années 1990 ont permis d’appuyer cette idée et de documenter ses manifestations remontant minimalement aux cinq derniers siècles de la période préhistorique, une période que l’on appelle le Sylvicole supérieur.

    Cette...

  8. CHAPITRE 1 PROBLÉMATIQUE, CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIE
    (pp. 3-36)

    Les Amérindiens qu’a rencontrés Jacques Cartier en septembre 1535 dans l’estuaire du Saint-Laurent, à la hauteur de l’embouchure du Saguenay, étaient des Iroquoiens du Saint-Laurent, une population autonome et linguistiquement distincte des autres groupes vivant dans le Québec méridional (Chapdelaine 1989a : 13). Ces groupes se répartissaient dans toute la vallée du Saint-Laurent, entre Kingston au sud-ouest et l’île aux Coudres au nord-est (Chapdelaine 1989a : viii). La question de leur identité ethnique, indissociable de celle de leur origine, s’est prêtée à de nombreuses interprétations. Ils furent tantôt identifiés comme des Hurons, tantôt comme des Mohawks, des Algonquins, des Oneidas...

  9. CHAPITRE 2 CADRE NATUREL ET CULTUREL DU SECTEUR DE L’EMBOUCHURE DU SAGUENAY
    (pp. 37-54)

    La configuration actuelle du littoral de la Haute-Côte-Nord résulte de processus mécaniques complexes qui se sont amorcés après le dernier Glaciaire, soit à partir de 11 000 ans av.J.-C. Des fluctuations importantes du niveau marin ont engendré la formation de terrasses qui caractérisent aujourd’hui la côte, dont la moins élevée (6 m) a été formée vers 500 av.J.-C. (Dionne 2001). Depuis ce temps, le faciès de la région serait demeuré assez stable.

    Dans la perspective d’une utilisation de la pierre pour la fabrication d’outils, la région offre des matières premières siliceuses de qualité moyenne et même médiocre (Archambault 1995 :...

  10. CHAPITRE 3 LE TÉMOIGNAGE DES SITES ARCHÉOLOGIQUES: CONTEXTES PHYSIQUES ET ASSEMBLAGES
    (pp. 55-140)

    L’ensemble de ces sites présente des particularités concernant leur superficie, leur surface fouillée, leur état de conservation et la densité des vestiges. Par exemple, les sites Ouellet et Anse-aux-Pilotes IV ont été fortement affectés par l’érosion fluviale et se trouvaient, au moment des fouilles, amputés d’une part importante de leur superficie d’origine. Par ailleurs, les sites Ouellet, Anse-aux-Pilotes IV et Escoumins I, qui reposent sur des dépôts sablonneux, présentent des horizons archéologiques stratifiés, alors que les sites Cap-de-Bon-Désir et des Basques-de-l’Anse-à-la-Cave, qui se trouvent sur des affleurements rocheux, donnent lieu à un mélange de différentes composantes dans un même niveau...

  11. CHAPITRE 4 SYNTHÈSE RÉGIONALE INTERSITES
    (pp. 141-174)

    Il est maintenant temps de revenir sur les hypothèses que nous avons formulées dans le chapitre 1. La première part du constat que, de tous les groupes iroquoiens, ceux de la province de Canada détenaient l’accès le plus direct aux ressources de l’estuaire. Ils ont ainsi développé une économie qualifiée de « la plus mixte de l’Iroquoisie », qui faisait une place appréciable aux ressources marines — non seulement au phoque, mais également au béluga. Les motivations à la base de ces déplacements dans l’estuaire reposaient sur l’exploitation du phoque et n’entraient pas en conflit avec les activités agricoles menées...

  12. CONCLUSION
    (pp. 175-176)

    En 1993, Chapdelaine (1993a : 24) jetait les bases du concept de transhumance chez les Iroquoiens de la province de Canada. Son objectif consistait à « démontrer l’exploitation saisonnière par un même segment important d’une communauté comprenant des hommes, des femmes et des enfants, et non par un petit groupe spécialisé de quelques hommes, de deux zones écologiques distinctes, à savoir les ressources agricoles, terrestres et aquatiques des basses terres du Saint-Laurent et les mammifères marins, les poissons, les oiseaux et les mollusques de l’estuaire ». Les données tirées de six sites archéologiques situés sur la rive nord du Saint-Laurent,...

  13. OUVRAGES CITÉS
    (pp. 177-196)
  14. LISTE DES PLANCHES
    (pp. 197-241)
  15. ANNEXE 1: Rapport sur lʹanalyse isotopique de résidus carbonisés sur la céramique
    (pp. 243-246)
  16. INDEX
    (pp. 247-256)