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La traduction raisonnée, 3e édition

La traduction raisonnée, 3e édition: Manuel d’initiation à la traduction professionnelle de l’anglais vers le français

Jean Delisle
Marco A. Fiola
Georges L. Bastin
Georges Farid
Aline Francœur
Noëlle Guilloton
André Guyon
Charles Le Blanc
Elizabeth Marshman
Copyright Date: 2013
Edition: NED - New edition, 3
Pages: 716
https://www.jstor.org/stable/j.ctt6wr8bc
  • Book Info
    La traduction raisonnée, 3e édition
    Book Description:

    Ce manuel, dont la visée est essentiellement pratique, propose une méthode d’initiation à la traduction professionnelle, par opposition aux exercices de traduction axés sur l’acquisition d’une langue étrangère. Il répond aux exigences particulières de formation des futurs traducteurs de métier et s’adresse tout particulièrement, mais non exclusivement, aux étudiants des programmes universitaires de traduction. Son domaine est celui des textes pragmatiques généraux, formulés selon les normes de la langue écrite et en vue d’un apprentissage dans le sens anglais → français. Le manuel renferme 9 objectifs généraux d’apprentissage, 75 objectifs spécifques, 85 textes à traduire, 253 exercices d’application, un glossaire de 275 notions, une bibliographie de 410 titres et des milliers d’exemples de traduction.

    eISBN: 978-2-7603-2117-5
    Subjects: Language & Literature

Table of Contents

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  1. Front Matter
    (pp. 1-6)
  2. Table of Contents
    (pp. 7-14)
  3. REMERCIEMENTS
    (pp. 15-16)
    J. D.
  4. INTRODUCTION
    (pp. 17-22)

    Cet ouvrage, dont la visée est essentiellement pratique, n’a d’autre ambition que de proposer une méthode d’initiation à la traductionprofessionnelle, par opposition aux exercices de traduction axés, en didactique des langues, sur l’acquisition d’une langue étrangère. Il répond aux exigences particulières de formation des futurs traducteurs de métier et s’adresse tout particulièrement, mais non exclusivement, aux étudiants des programmes universitaires de traduction.

    Son domaine est celui des textes pragmatiques¹ généraux, formulés selon les normes de la langue écrite et en vue d’un apprentissage dans le sens anglais vers le français. Souvent anonymes, contrairement aux textes littéraires qui, eux, sont...

  5. ABRÉVIATIONS
    (pp. 23-24)
  6. I MÉTALANGAGE DE LA TRADUCTION

    • Objectif premier ASSIMILATION DES NOTIONS DU GLOSSAIRE
      (pp. 27-38)

      Toute discipline, tout champ d’activité (spécialisé ou non), tout domaine de connaissance possède sa terminologie propre. L’initiation à la traduction professionnelle ne fait pas exception. On a longtemps déploré l’absence de définitions précises en traductologie en général, et en enseignement de la traduction en particulier. On a aussi dénoncé le fait que les concepts flottent au gré des points de vue et que les études en traduction sont largement marquées par l’idéologie et les jugements de valeur (Gambier, 1992 : 421).

      Le Glossaire que nous avons placé à la fin du manuel tente de remédier à cette lacune, tout au...

  7. II DOCUMENTATION DE BASE DU TRADUCTEUR

    • Objectif 2 OUTILS DU TRADUCTEUR
      (pp. 41-50)

      L’apprentissage de la traduction, tout comme la pratique quotidienne de cette profession, exige la consultation fréquente de sources documentaires portant sur les sujets les plus divers. C’est pourquoi les bonnes écoles professionnelles de traduction incluent dans leur programme d’études un cours d’initiation à la recherche documentaire. Cet aspect important de la méthode du traducteur ne sera donc pas traité en détail ici. Nous nous bornerons à donner un aperçu du genre d’ouvrages de référence avec lesquels il convient de se familiariser au stade de l’initiation.

      Par ailleurs, les aides à la traduction, c’est-à-dire les outils informatiques qui servent à accomplir...

    • Objectif 3 LIMITES DES DICTIONNAIRES BILINGUES
      (pp. 51-58)

      Le traducteur français de Samuel Butler et de James Joyce, Valery Larbaud, estimait que « les dictionnaires bilingues ne sont que des esclaves, ou mieux des affranchis faisant fonction d’huissiers et d’interprètes » (Larbaud, 1946 : 86). « Un dictionnaire [bilingue] c’est toujours de la traduction condensée, cristallisée, surgelée », pensait pour sa part le linguiste Mario Wandruszka (1973 : 84). « Un traducteur n’a parfois que faire du dictionnaire », observait Pierre Daviault dans l’avant-propos de L’expression juste en traduction(Daviault, 1936 : 8). Hilaire Belloc, quant à lui, jugeait dangereux de trop se fier aux dictionnaires:

      However well...

    • Objectif 4 SENS CRITIQUE, JUGEMENT LINGUISTIQUE
      (pp. 59-70)

      Oseriez-vous écrire ce qui suit? « Des mesuresdrastiquess’imposaient, elle le savait. L’ignorer, c’était courir à sa perte. Sa seulealternativeétait d’agir au plus vite : s’enquérir du prix de la marchandise sur le marchédomestique, finaliserle protocole d’entente bidon, lefaxer, empocher l’argent. L’impactde son gesteau plande la sécurité? Difficile à prévoir…, mais il y auraitpossiblementde la casse » (Racette, 1997 : 21). Après avoir fait un examen comparatif dans sept répertoires lexicographiques de tous les mots « litigieux » en italique, Martine Racette conclut que les grands dictionnaires enregistrent un...

    • Objectif 5 ÉVALUATION DES RESSOURCES DOCUMENTAIRES
      (pp. 71-80)

      Pour bien comprendre le texte de départ et en transmettre tout le sens de façon idiomatique dans une autre langue, le traducteur fait usage d’une grande variété de ressources documentaires, telles que dictionnaires et guides linguistiques, textes de loi, articles scientifiques et de vulgarisation, brochures publicitaires, modes d’emploi ou rapports annuels (v. l’OS 2). Ces documents proviennent d’auteurs individuels, d’entreprises privées, d’organismes gouvernementaux, d’associations professionnelles, d’organismes à but non lucratif ou d’organisations internationales. Si bon nombre de ces ressources sont fiables, d’autres, en revanche, sont peu sûres. C’est pourquoi, en plus de développer ses aptitudes à la recherche documentaire, l’apprenti...

  8. III MÉTHODE DE TRAVAIL

    • Objectif 6 ÉTAPES DE LA MÉTHODE DE TRAVAIL
      (pp. 83-92)

      Exposer la méthode de travail du traducteur, c’est décrire les étapes à suivreavant, pendantetaprèsl’opération de traduction. Sans méthode, il est difficile de produire des traductions de qualité. Une méthode est « l’ensemble de moyens raisonnés suivis pour arriver à un but » (Le nouveau Petit Robert). Elle ne remplace jamais le talent, mais tout traducteur, doué ou non, doit acquérir de bonnes habitudes de travail et faire preuve de rigueur intellectuelle. Travailler avec méthode fait aussi gagner du temps et augmente l’efficacité. Voyons donc dans l’ordre chacune des étapes du processus complexe de la traduction.

      La...

    • Objectif 7 REPÉRAGE DES DIFFICULTÉS DE TRADUCTION
      (pp. 93-110)

      La lecture du texte original sert, entre autres, au repérage des difficultés de traduction. Il faut en effet s’habituer à lire l’original avec les « yeux d’un traducteur » afin de déterminer quelle stratégie de traduction il conviendra d’appliquer au moment de la réexpression. Cela signifie, en outre, que l’on puisse reconnaître tout risque d’interférence aux plans typographique, lexical, syntaxique, stylistique ou socioculturel, ainsi que les cas où il convient d’appliquer les règles relevant des techniques de rédaction pour éliminer une répétition abusive, par exemple, ou d’alléger le texte d’arrivée par la suppression d’une proposition relative. Il est indispensable d’apprendre...

    • Objectif 8 EXPLICATION DE TEXTE
      (pp. 111-118)

      L’expression « explication de texte » est empruntée au domaine des études littéraires, où elle est synonyme de « commentaire de texte ». En littérature, une bonne explication épouse toutes les nuances du texte étudié et tient compte de l’intention générale de l’écrivain, qui lui sert de fil conducteur, du sujet choisi et des diverses ressources stylistiques employées pour le traiter.

      En traduction, l’explication de texte correspond à une exploration minutieuse du texte de départ. Cette incursion dans les entrailles du texte ne s’accompagne pas d’un commentaire explicite, comme c’est le cas des exercices d’explication de texte en analyse littéraire....

    • Objectif 9 LOGIQUE
      (pp. 119-126)

      La logique est une des qualités des bons traducteurs. L’aptitude à raisonner de manière rigoureuse est essentielle à la pratique de la traduction. Pour arriver à réexprimer le sens d’un énoncé dans une autre langue, il faut procéder par raisonnement, par associations successives d’idées, par inférences. La compétence d’un traducteur dépend dans une large mesure de ses capacités déductives et associatives. Cette faculté de raisonner logiquement s’exerce non seulement à l’étape de l’interprétation du sens, phase impliquant la capacité d’intégration de connaissances multiples, mais aussi à celle de la réexpression. La réflexion du traducteur porte donc sur deux objets distincts:...

    • Objectif 10 COHÉRENCE ET COHÉSION
      (pp. 127-136)

      Il importe de bien distinguer les notions de « cohérence » et de « cohésion ». La cohérence est la qualité d’un texte ou d’un énoncé dont tous les éléments sont interdépendants et forment un ensemble lié. Elle est fonction de divers éléments : enchaînement des énoncés, choix du vocabulaire, clarté et précision des rapports logiques, absence de disparates ou d’hiatus dans l’exposition et la progression des idées, etc. La cohérence se situe sur le plan logique, conceptuel.

      Au sens propre, la cohésion est la force qui maintient unies les molécules d’un corps. Métaphoriquement, en linguistique, ce terme désigne la...

    • Objectif 11 TRAVAIL EN ÉQUIPE
      (pp. 137-142)

      L’une des images courantes, mais déjà ancienne, du traducteur de textes pragmatiques le montre travaillant seul enfermé dans une pièce propice à la concentration, entouré de ses dictionnaires usuels et de ses ouvrages spécialisés, avec pour seule compagnie sa tasse à café, le tic-tac d’une horloge et son chat. Tous les traducteurs semblent aimer les chats. L’auteur desGrandes maréeset deLa traduction est une histoire d’amour, l’écrivain-traducteur Jacques Poulin, en est certainement l’archétype. Le seul horizon qui s’ouvre au traducteur solitaire est celui d’affiches de plages tropicales, lointains souvenirs de pauses estivales ou hivernales. On dirait que c’est...

    • Objectif 12 AUTORÉVISION
      (pp. 143-148)

      L’erreur est humaine, dit-on. Personne n’est à l’abri d’une distraction, pas même le traducteur le plus expérimenté. Normalement, toute traduction professionnelle est soumise à une révision avant d’être expédiée au donneur d’ouvrage ou au client. Cette vérification est généralement effectuée par un tiers, d’ordinaire un traducteur chevronné. Est-ce un luxe? Non, c’est presque une obligation professionnelle. Mais avant d’en arriver à cette étape, le traducteur doit se réviser lui-même. L’autorévision fait partie intégrante du processus de traduction. Cela est toutefois plus facile à dire qu’à faire.

      En effet, si s’autoréviser est une nécessité, le simple fait d’être l’auteur de la...

  9. IV OUTILS TECHNOLOGIQUES

    • Objectif 13 TRADUCTIQUE
      (pp. 151-166)

      Au sens large, on entend par « traductique » tout ce qui concerne la conception, l’exploitation, l’évaluation et l’optimisation des logiciels destinés à faciliter le travail du traducteur. Ces logiciels trouvent aussi des applications chez d’autres langagiers, notamment les lexicographes, les rédacteurs et les terminologues. Ils s’ajoutent au poste de travail du traducteur et complètent les outils de bureautique, tels que les logiciels de traitement de texte, les correcteurs orthographiques et grammaticaux (ou correcticiels), les tableurs, les dictionnaires électroniques et les banques de données terminologiques (v. l’OS 14).

      Il est utile, aux fins de description, de diviser la traductique en...

    • Objectif 14 RESSOURCES DE LA BUREAUTIQUE
      (pp. 167-176)

      La bureautique (office automation) est l’« intégration des activités de bureau, au moyen d’un système de traitement de l’information, pour améliorer la productivité » (Termium Plus®). Elle est au service des langagiers depuis une trentaine d’années. Sa délimitation demeure encore floue, cependant. Il y a consensus en ce qui concerne les logiciels-outils servant à produire un document, tels que les traitements de texte, les tableurs et les bases de données.

      Certaines applications en marge des logiciels de traitement de texte, comme la reconnaissance optique de caractères (ROC), les correcticiels (ex.: Antidote®) et les dictionnaires électroniques, sont considérées tantôt comme des...

    • Objectif 15 MACHINE À DICTER
      (pp. 177-186)

      De nos jours, rares sont les traducteurs professionnels qui rédigent leurs traductions avec un crayon ou un stylo. La majorité d’entre eux se sert d’un ordinateur, des aides à la traduction (v. l’OS 13) et des outils de bureautique (v. l’OS 14) que cet instrument de travail moderne permet d’utiliser. La machine à dicter compte malgré tout encore de nombreux adeptes.

      Au Canada, les premiers dictaphones servant à la traduction ont été introduits à Ottawa, au Secrétariat d’État, par le surintendant du Bureau des traductions, Alderic-Hermas Beaubien. En 1953, M. Beaubien s’était rendu à New York pour se documenter sur...

  10. V PROCESSUS DE LA TRADUCTION

    • Objectif 16 REPORT, REMÉMORATION, CRÉATION DISCURSIVE
      (pp. 189-198)

      Nous entendons par processus cognitif de la traduction l’opération intellectuelle par laquelle le traducteur établit des équivalences interlinguistiques après avoir dégagé le sens le plus probable du texte qu’il traduit. Lors de cette opération mentale complexe, le traducteur procède, de manière plus ou moins consciente et ordonnée, à l’interprétation et à l’analyse des particularités du texte de départ, à la dissociation des langues en présence, à l’application de procédés de traduction, à l’exploration des ressources de la langue d’arrivée, au choix des moyens de réexpression et à la vérification de la pertinence des équivalences retenues. Ce seizième objectif ainsi que...

    • Objectif 17 CORRESPONDANCES VS ÉQUIVALENCES: LES MOTS
      (pp. 199-204)

      Quand on traduit, on ne transpose pas des mots d’une langue en une autre, mais toujours des unités de sens s’intégrant dans un ensemble cohérent, un texte. Les unités de sens, en effet, se fondent progressivement en un contexte cognitif (savoir déverbalisé) qui intervient dans la compréhension des séquences verbales qui se succèdent.

      La traduction serait un jeu d’enfant, écrit Jacques Rancourt, s’il suffisait, pour l’exercer, d’aller cueillir chaque fois dans la langue d’en face les éléments correspondants à ceux du texte initial et de les disposer dans le même ordre. Or que l’on prenne, justement, deux langues et qu’on...

    • Objectif 18 ÉCONOMIE
      (pp. 205-210)

      Il y a économie lorsque le texte d’arrivée exprime avec des moyens lexicaux réduits les idées formulées dans le texte de départ. Nous distinguerons trois types d’économie : la concentration, l’implicitation et la concision. L’idéal visé par le traducteur est de garder le sens et de le dépouiller des mots inutiles au nom de la clarté, du respect du caractère idiomatique de la langue d’arrivée et de l’efficacité de la communication. Définissons les termes.

      On entend par « concentration » le résultat d’une économie dans la langue d’arrivée liée à l’existence d’une correspondance se caractérisant par un nombre d’éléments inférieur...

    • Objectif 19 ÉTOFFEMENT
      (pp. 211-216)

      L’étoffement est à la fois un procédé et un résultat. C’est d’abord un procédé de traduction qui consiste à utiliser dans le texte d’arrivée un plus grand nombre de mots que n’en compte le texte de départ pour réexprimer une idée ou renforcer le sens d’un mot du texte de départ, mot dont la correspondance dans la langue d’arrivée n’a pas la même autonomie. C’est le contraire du principe de l’économie que nous avons vu à l’OS 18. Selon les auteurs de la SCFA, qui ont forgé ce néologisme, « c’est pour le français une nécessité d’étoffer par un substantif...

    • Objectif 20 CORRESPONDANCES VS ÉQUIVALENCES: LES PHRASES
      (pp. 217-222)

      L’os 17 — Correspondancesvséquivalences : les mots a montré comment les mots d’un texte perdent leurs virtualités de signification et acquièrent un sens en fonction du contexte et des compléments cognitifs dont ils s’enrichissent. Le présent objectif porte sur une unité plus grande que le mot, la phrase, maillon syntaxique reliant le mot au contexte.

      La phrase est-elle une unité autonome du discours? Suffit-il de traduire chaque phrase l’une à la suite de l’autre et indépendamment des autres pour transmettre le sens d’un texte? Pour répondre à cette question, il faut s’interroger brièvement sur la nature d’un texte....

    • Objectif 21 COMPLÉMENTS COGNITIFS
      (pp. 223-230)

      Le sens est l’objet de la traduction. Le traducteur y accède par deux voies principales : lessignes linguistiques, plus précisément la signification pertinente des mots du texte de départ, et lescompléments cognitifs, c’est-à-dire les connaissances non linguistiques mobilisées au moment de la recherche d’une équivalence et qui sont indispensables à la constitution du sens. Marianne Lederer écrit à propos des compléments cognitifs :

      L’affectif et le cognitif étant physiologiquement inséparables et ayant tous deux leur origine dans le cerveau, je les englobe sous le seul terme de compléments cognitifs et dans ceux-ci, je distingue pour un découpage d’un...

    • Objectif 22 TRADUIRE LITTÉRALEMENT OU LIBREMENT?
      (pp. 231-238)

      Le traducteur n’est pas le gardien des mots du texte original. Au moment où, ayant saisi le sens d’un énoncé, il lui faut le réexprimer dans une autre langue, il ne jouit pas non plus d’une liberté totale comme celle des créateurs. Le traducteur n’est ni l’esclave des parties du discours, ni un adepte de l’à-peu-près. Traduire est une recherche de la coïncidence la plus parfaite possible entre une idée et sa formulation, entre le sens et son expression.

      S’il y a concordance formelle entre un segment de l’énoncé original et sa reformulation dans une autre langue — situation fréquente...

    • Objectif 23 CRÉATIVITÉ DU TRADUCTEUR
      (pp. 239-248)

      On associe habituellement la notion de créativité aux artistes (ex.: peintres, sculpteurs, compositeurs, écrivains) et aux membres de certaines professions ayant une forte composante artistique (ex.: publicitaires, designers, concepteurs graphiques). Ces créateurs de choses nouvelles et originales (ex.: tableaux, pièces musicales, œuvres littéraires, publicités, vêtements) expriment leur talent et leur pouvoir d’invention. Ils ne se contentent pas de reproduire par simple copie ce qui existe déjà. C’est pourquoi on leur reconnaît un « esprit créateur », une « grande imagination créatrice », voire un « génie inventif ».

      Les traducteurs n’appartiennent pas à cette catégorie de créateurs. Du moins, ils...

    • Objectif 24 TRADUIRE LʹHUMOUR
      (pp. 249-258)

      L’humour est une façon de présenter la réalité de manière à en faire ressortir les aspects plaisants et insolites. Ses manifestations sont nombreuses : jeux de mots (calembours, contrepèteries), imitations, pastiches, blagues, plaisanteries, histoires drôles, titres d’article, slogans, lignes d’accrochage des publicités, anecdotes, textes ou légendes de caricatures, billets d’humeur, mots d’esprit, etc. Les traductions erronées ou volontairement farfelues sont aussi une source intarissable d’humour. À la suite de l’annonce du congédiement de quarante traducteurs au Bureau de la traduction du gouvernement fédéral, un caricaturiste dessina une affiche sur laquelle on pouvait lire: « You’re fired! Vous êtes en feu!...

  11. VI RÈGLES D’ÉCRITURE

    • Objectif 25 USAGES CODIFIÉS DE RÉDACTION
      (pp. 261-264)

      Nous avons vu dans l’Introduction et dans des chapitres antérieurs qu’il est utile de distin guer trois niveaux de maniement du langage en traduction: les règles d’écriture, l’interprétation et la cohérence. Le premier de ces niveaux, sans aucun doute le plus élémentaire, est celui des usages de rédaction. Il englobe toutes les exigences de présentation formelle des textes, différant ou non d’une langue à l’autre. Et la liste est longue : sigles, symboles, abréviations, écriture des nombres, emploi des majuscules, des minuscules et de l’italique, division des mots, ponctuation (la « signalisation routière de l’écriture » — François Cavanna), signes...

    • Objectif 26 TRADUCTION NON SEXISTE, RÉDACTION ÉPICÈNE
      (pp. 265-274)

      La présence grandissante des femmes dans le monde du travail et dans tous les secteurs d’activité est à l’origine d’une évolution rapide de certains usages linguistiques aussi bien lexicaux que grammaticaux, phraséologiques ou discursifs. C’est ainsi que le respect de l’égalité professionnelle au sein de leur personnel a incité des administrations publiques, des organisations internationales et de grandes entreprises à adopter des lignes de conduite visant à éliminer de leurs communications les formes jugées discriminatoires.

      Au Canada, en particulier, l’administration fédérale (par le truchement du Conseil du Trésor et du Bureau de la traduction) et l’administration québécoise (par l’entremise de...

    • Objectif 27 NOUVELLE ORTHOGRAPHE
      (pp. 275-282)

      La nouvelle orthographe découle du rapport de 1990 du Conseil supérieur de la langue française intituléLes rectifications de l’orthographe, rapport approuvé par l’Aca démie française et publié dans leJournal officiel de la République française. Ces rectifications sont modérées puisqu’elles portent sur environ 2000 mots courants, 5000 si l’on ajoute les mots techniques et rares. La langue étant le matériau sur lequel travaillent les traducteurs, ceux-ci ne peuvent pas rester indifférents aux efforts entrepris par certaines instances gou vernementales en vue de simplifier l’orthographe française.

      Tout comme la prononciation et le lexique d’une langue, l’orthographe évolue elle aussi. Nous...

    • Objectif 28 NOTES DU TRADUCTEUR (N.d.T.)
      (pp. 283-294)

      Les avis sont partagés quant à la pertinence des notes du traducteur greffées au texte original. Certains critiques les condamnent avec véhémence, car ils y voient une solution de paresse, un aveu d’échec, une forme humiliante de déshonneur, voire une preuve d’incom pétence : « La note en bas de page est la honte du traducteur… », affirme sans ambages la traductrice Dominique Aury (1963 : xi). Elle « est toujours un signe de faiblesse de la part du traducteur », renchérit Umberto Eco (2001: 50; notre traduction). Absentes ou assez rares dans les traductions d’ouvrages de fiction (romans, nouvelles,...

  12. VII DIFFICULTÉS D’ORDRE LEXICAL

    • INTRODUCTION
      (pp. 297-302)

      Avec le septième objectif général, nous abordons certains aspects lexicaux du langage. Après un premier objectif spécifique consacré à la précision du vocabulaire, le mot juste, les treize suivants portent sur l’interprétation de mots polyvalents qui foisonnent dans les textes pragmatiques anglais. Les cinq derniers traitent d’aspects particuliers, comme la caractérisation, le sens propre et le sens figuré, les mots français dans le texte de départ, le déictiquethiset les anglicismes de fréquence.

      Deux mots, l’un anglais, l’autre français, se ressemblant par la forme et le sens, n’ont pas forcément la même fréquence dans ces deux langues. Par conséquent,...

    • Objectif 29 MOT JUSTE
      (pp. 303-322)

      Victor Hugo a écrit : « Le beau style, c’est le fond du sujet sans cesse appelé à la surface » (Hugo, 1961-1964, III : 1556). D’où l’importance du mot juste, de sa signification pertinente, de sa charge connotative, de sa texture, de sa couleur. Les préoccupations des traducteurs au sujet du choix des mots ne diffèrent guère de celles des poètes et des écrivains. L’exigence de précision, du mot juste et percutant est la même. Comme l’a écrit Mathilde Vischer dans son étude sur le poète et traducteur Philippe Jaccottet : « Dans l’acte de traduire, tout choix est...

    • Objectif 30 AVAILABLE
      (pp. 323-326)

      Les traducteurs d’expérience et les bons rédacteurs savent que l’aire sémantique du mot « disponible » ne recouvre pas intégralement celle deavailable. Ils ont appris à se méfier de ce mot. N’ayant pas toutes les acceptions de son pendant anglais, « disponible » donne lieu à des imprécisions, à des impropriétés et à des emplois critiqués. Ce terme a fait l’objet d’une desFiches Repères T/R,» encartée dansL’Actualité terminologique. Son auteure, Line Gingras, résume ainsi l’essentiel de son analyse:

      L’adjectif disponible s’emploie pour faire ressortir l’idée que la personne dont on sollicite l’attention ou les services n’a pas...

    • Objectif 31 CHALLENGE, CHALLENGING, TO CHALLENGE
      (pp. 327-330)

      Peut-on toujours traduirechallengepar « défi »? En français, « défier quelqu’un » c’est:a) l’inviter à venir se mesurer comme adversaire (défier un ami aux échecs);b) douter de sa capacité à faire quelque chose (« Je te défie de lever ces haltères »). C’est aussi refuser de se soumettre (« Ce geste est un défi à l’autorité policière »).

      Pour que l’on puisse parler de défi au sens propre, il faut donc qu’il y ait un rival à vaincre ou un obstacle à surmonter. L’enjeu peut être une réalité qui transcende l’individu et englobe la société dans...

    • Objectif 32 TO CONTROL
      (pp. 331-334)

      Les motscontrolet « contrôle » sont proches tant par la forme que par le sens. Ils se distinguent néanmoins par une nuance importante que, sous l’influence de l’anglais, l’emploi immodéré de « contrôle » tend à faire disparaître. Une langue s’appauvrit lorsque son lexique perd des nuances utiles. D’indistinction en indistinction, certains mots perdent de leur précision, ce qui finit par embrouiller la communication. Les mots de deux langues n’évoluent pas de la même manière dans leur système respectif et acquièrent des significations qui ne se recoupent qu’accidentellement. Pierre Daviault avait bien fait ressortir la nuance fondamentale qui...

    • Objectif 33 CORPORATE
      (pp. 335-340)

      Le déterminantcorporate¹ est venu combler un vide adjectival dans la langue anglaise qui n’avait pas de mot unique pour désigner « ce qui concerne une société de commerce », contrairement au français qui dispose depuis longtemps du mot « social » (une raison sociale).Corporatea donc servi à normaliser, sinon à uniformiser, un secteur important de la langue commerciale nord-américaine.

      Dans bien des cas,corporatese substitue aux déterminantsaffiliated, associated, business, company, corporation, executive, firm’s, incorporated, merchant, merged, registered et trading.Ainsi,a corporate law et a corporate businessne disent rien de plus quea company...

    • Objectif 34 DEVELOPMENT, TO DEVELOP
      (pp. 341-346)

      Le mot development se traduit souvent par « développement » :economic development: développement économique;social development: développement social;regional development: développement régional. Les acceptions de ce mot sont toutefois beaucoup plus nombreuses que celles de son quasi-homographe français « développement ».

      Il faut se méfier de l’association obstinée dans notre mémoire du mot anglais et de son correspondant morphologique. Certains traducteurs pressés ou peu rigoureux ont ten-dance à traduire par mimétisme (v. le Gossaire) tous les sens du mot anglais par le même mot français. Voici ce qu’écrit à ce sujet le linguiste, angliciste et traducteur français Maurice Pergnier:...

    • Objectif 35 TO IDENTIFY
      (pp. 347-350)

      Bien qu’ils se ressemblent et par la forme et le sens, les verbes toidentifyet « identifier » n’ont pas tout à fait la même aire sémantique. « Identifier » c’est:a) considérer comme identique (ex.: Le panthéiste identifie Dieu et le monde);b) reconnaître (ex.: Elle a identifié le malfaiteur);c) reconnaître comme appartenant à une espèce, à une classe d’individus (ex.: Il a su identifier cette plante). À la forme pronominale, le verbe signifie « devenir iden tique, se confondre » (ex.: L’acteur s’identifie à son personnage).

      Toidentifyenglobe tous les sens du verbe français, mais...

    • Objectif 36 TO INVOLVE
      (pp. 351-354)

      Le verbe « impliquer » surgit spontanément à l’esprit lorsqu’il faut traduire toinvolve. Il se dit aussi bien des personnes que des choses. Mais est-ce le mot juste dans tous les cas? Jusqu’à ces récentes années, lorsqu’on l’employait en parlant de personnes, « impliquer » ne suggérait rien de positif. Chargé d’une nuance péjorative, il évoquait l’idée de responsabilité relativement à une erreur ou à une faute comme dans l’exemple « Ce député, impliqué dans une affaire de moeurs, s’est vu forcé de remettre sa démission.»

      Sans doute sous l’influence de l’anglais, le verbe français a élargi son champ...

    • Objectif 37 ISSUE, TO ISSUE
      (pp. 355-358)

      Nous traiterons dans cet objectif à la fois du substantifissueet du verbe toissue. Dans le premier cas, il s’agit de faire correspondre au mot anglais un équivalent qui soit le mot juste, le mot issue fonctionnant plus ou moins dans la langue anglaise comme un géné rique très polyvalent. Dans le second cas, le problème se pose différemment. Les traducteurs comme les rédacteurs ont tendance à abuser du verbe « émettre » pour traduire toissuedans des contextes où le français exigerait normalement l’emploi d’un autre verbe, collocations obligent.

      Dans sonLexique analogique, Jacques Dubé propose...

    • Objectif 38 -MINDED, -CONSCIOUS, -ORIENTED
      (pp. 359-362)

      Les expressions formées de ces trois déterminants — fréquentes dans les textes pragmatiques — sont souvent difficiles à traduire en français. Elles se prêtent bien, par conséquent, à un exercice d’interprétation et de reformulation en fonction du contexte. Le but visé ici est d’apprendre à se détacher des mots du texte de départ lorsqu’il le faut et à reformuler l’idée en ayant recours à d’autres ressources linguistiques. La présentation sommaire de cette difficulté s’inspire d’une étude de Gilles Leclerc réalisée pour le compte de la Régie de la langue française (v. la Suggestion de lecture). Elle n’a rien perdu de...

    • Objectif 39 PATTERN
      (pp. 363-366)

      Certains mots de grande consommation en anglais ne semblent pas avoir de contour sémantique bien défini.Patternest l’un de ces mots vagues, tout commepolicy, problemetsystemqui feront l’objet respectivement des objectifs 40, 41 et 42. D’où l’intérêt particulier que présente sa traduction du point de vue de l’interprétation, de l’extraction du sens en contexte et de sa réexpression en français. Même les meilleurs dictionnaires bilingues ne donnent qu’un faible aperçu de la myriade d’effets de sens que ce mot peut produire. Ils proposent tout au plus une douzaine de correspondants. Un traducteur ne saurait se limiter...

    • Objectif 40 POLICY/PROCEDURE
      (pp. 367-370)

      Le motpolicya toujours donné du fil à retordre aux traducteurs de l’administration publique soucieux de précision lexicale. Ce mot, dont les rédacteurs anglophones font un usage immodéré, a un sens très élastique. En simplifiant et en ramenant la notion exprimée parpolicyà ses éléments essentiels, on peut dire que ce mot désigne soit astatement of intention, soit apattern of conduct. Dans le premier sens, il se traduit souvent par « politique », qu’il s’agisse ou non d’affaires publiques. Dans le second, il équivaut plutôt à « principe direc teur », « directive », « pratique...

    • Objectif 41 PROBLEM
      (pp. 371-374)

      Sous la plume de certains traducteurs pressés, le motproblemne semble avoir d’autre équivalent que « problème ». L’abus de cette solution de facilité dénote certes une pauvreté de vocabulaire, mais elle fait aussi du français une langue asservie au modèle original. Le bon traducteur lutte contre cet « aplatissement » du vocabulaire en puisant dans les res-sources du français. Il y a lieu de rappeler ici le principe énoncé dans l’introduction de cet objectif général consacré aux difficultés d’ordre lexical: « les génériques de la langue dominante tendent à chasser les spécifiques qui leur correspondent dans la langue...

    • Objectif 42 SYSTEM
      (pp. 375-378)

      Le mot « système » possède en français de nombreuses acceptions que l’on peut ramener à deux, selonLe nouveau Petit Robert: a) « Ensemble organisé d’éléments intellectuels » etb) « Ensemble possédant une structure constituant un tout organique ». Le premier sens, plus abstrait, évoque les concepts de doctrine, idéologie, méthode, politique, régime; le second, plus concret, renvoie, par exemple, à divers systèmes (optiques, électriques, etc.).Le nouveau Petit Robertprécise, en outre, que, « en langage courant, on appelle aussi “système” un certain nombre d’appareils anatomiques » tels que le « système respiratoire » (respiratoryou le...

    • Objectif 43 CARACTÉRISATION
      (pp. 379-384)

      On appelle « caractérisation » le fait d’apporter une précision à un nom, à un adjectif ou à un verbe au moyen d’un adjectif, d’une locution adjectivale, d’un adverbe ou d’une locution adverbiale. En français moderne, en particulier dans la langue du commerce et de la publicité, on caractérise aussi beaucoup au moyen d’un substantif en apposition: mode printemps, destination soleil, clinique minceur, sac fraîcheur, avion radar, emballage cadeau, joueur étoile. La caractérisation oblige à clairement distinguer en français les « adjectifs qualificatifs » des « adjectifs de relation », distinction non pertinente en anglais du point de vue de...

    • Objectif 44 SENS PROPRE, SENS FIGURÉ
      (pp. 385-390)

      Les notions de « sens propre » et de « sens figuré » revêtent une importance particulière en traduction. Les mots d’une langue n’ont pas tous un sens figuré : un mot de la LD peut avoir un sens figuré, mais pas son correspondant en LA, tel autre mot de la LD et son correspondant en LA pourront tous deux avoir un sens figuré, mais pas dans les mêmes contextes, etc. « Le processus d’abstraitisation du concret n’est jamais identique dans deux langues données », a remarqué la traductrice et auteure d’un manuel de traduction Irène de Buisseret (1975: 98...

    • Objectif 45 MOTS FRANÇAIS DANS LE TEXTE DE DÉPART
      (pp. 391-396)

      Selon la linguiste Henriette Walter, plus des deux tiers du vocabulaire anglais sont d’origine française alors que les emprunts du français à l’anglais sont de l’ordre de quatre pour cent seulement. Si les faux amis se comptent par centaines et forcent les traducteurs à se tenir aux aguets, on dénombre pas moins de trois mille « bons amis », dont la forme graphique est parfaitement identique dans les deux langues: abolition, anecdote, bosquet, boudoir, caricature, doyen, encore, façade, garage, horizon, impertinent, restaurant.

      Pour diverses raisons, les rédacteurs de langue anglaise aiment parsemer leurs textes de mots français. On aurait tort...

    • Objectif 46 LE DÉICTIQUE THIS
      (pp. 397-402)

      On appelle « déictique » tout mot dont le référent ne peut être précisé que par un renvoi à un des éléments de la situation d’énonciation. Le terme déictique, dérivé du mot grec δεiξις(deixis), signifie « action de montrer ». Parmi les nombreux mots qui remplissent cette fonction dans la langue, on peut citer les démonstratifs, les adverbes de lieu et de temps, les pronoms personnels et les articles. Leur traduction ne pose généralement pas de difficulté pour qui connaît les langues.

      Il y a un cas, cependant, qui présente un intérêt tout particulier du point de vue du maniement...

    • Objectif 47 ANGLICISMES DE FRÉQUENCE
      (pp. 403-412)

      Nous donnons ici au mot anglicisme le sens général de « façon anglaise de s’exprimer ». Ce sens élargi est en fait celui d’empreintede la langue anglaise sur la langue française, plutôt que le sens courant et restrictif d’empruntjustifié ou abusif (v. « anglicisme » dans le Glossaire). Cette empreinte est l’effet d’un subtil mimétisme interlinguistique. « La nocivité des traductions médiocres n’a pas l’évidence des fautes de grammaire caractérisées; elle est plus insidieuse et par conséquent plus dangereuse. Il s’agit presque toujours d’une légère déformation qui porte atteinte au génie de la langue » (Darbelnet, 1968: 44)....

  13. VIII DIFFICULTÉS D’ORDRE SYNTAXIQUE

    • INTRODUCTION
      (pp. 415-416)

      Lorsqu’il s’agit des textes pragmatiques, il importe assez peu, en règle générale, que le moule syntaxique dans lequel sont coulées les idées traduites soit identique à celui de la langue originale. La nécessité de canaliser différemment les idées conduit souvent à rejeter les structures originales. Ce réaménagement syntaxique suppose une bonne maîtrise de la langue.

      La langue de départ tend à déteindre sur la langue d’arrivée. On connaît les exemples classiques visant à démontrer que des constructions superficiellement comparables entre deux langues recouvrent souvent des relations sémantiques profondément différentes et que, d’une similitude de forme, il ne faut pas conclure...

    • Objectif 48 COMPARATIFS ELLIPTIQUES
      (pp. 417-424)

      En français, il existe trois degrés de l’adjectif qualificatif : lepositif(ex.: agréable), lecomparatifd’égalité, d’infériorité et de supériorité (ex.: aussi, moins, plus agréable) et lesuperlatif, qui peut être relatif (ex.: le plus agréable) ou absolu (ex.: très agréable). Nous appelons « comparatif elliptique » un comparatif implicite d’infériorité, d’égalité ou de supériorité formulé dans un énoncé sans que le second membre de la comparaison soit exprimé explicitement. Précisons d’emblée que ce n’est pas une faute en soi.

      Le second terme d’une comparaison en français peut tomber s’il se dégage clairement du contexte. Ainsi, des phrases telles...

    • Objectif 49 STRUCTURES ORDINALES
      (pp. 425-428)

      La syntaxe anglaise admet les superlatifs relatifs de supériorité précédés d’un adjectif ordinal:the second largest country, the fourth largest producer of gold, the world’s third largest telescope.Cette construction cherche à faire son nid dans la langue française, où elle est de plus en plus fréquente. Même les meilleurs journalistes l’emploient à l’occasion. Finira-t-elle par passer dans le bon usage? Il n’est pas impossible qu’elle reçoive son sceau d’acceptabilité. Pour l’heure, les bons rédacteurs l’évitent encore. Ils n’écrivent pas, par exemple, « *Le troisième plus gros télescope au monde ». D’où vient leur réticence?

      Le superlatif relatif de supériorité...

    • Objectif 50 ON… BASIS
      (pp. 429-434)

      Beaucoup de rédacteurs et de chroniqueurs langagiers, sans parler des traducteurs, s’interrogent sur la légitimité des tours « sur la base de » et « sur une base + adjectif ». Peut-on écrire: « Les décisions sont prises sur la base des données recueillies » ou encore « Les employés travaillent sur une base rotative »? Établissons tout d’abord la signification du mot « base » au sens propre et au sens figuré. Ces définitions nous seront utiles pour la suite de l’exposé.

      Appui, assise, bas, fondation, fondement, pied, socle, support. Ex.: la base d’une colonne, la base d’une montagne....

    • Objectif 51 AS
      (pp. 435-442)

      La conjonctionasa pour fonction grammaticale de relier logiquement deux propositions. Mot vide, elle n’a pas de signification en soi et tire son sens du contexte. Dans le présent objectif, nous excluons d’emblée les cas oùasintroduit une simple comparaison (ex.:miserable as sin: malheureux comme une pierre;poor as a church mouse: pauvre comme Job). Ces emplois, dans lesquelsasest synonyme delike, ne présentent aucune difficulté d’interprétation pour qui connaît les langues. Pour parfaire sa connaissance des comparaisons figées, qui diffèrent souvent d’une langue à l’autre, on consultera avec profit leDictionnaire français/anglais des comparaisons...

    • Objectif 52 WHILE
      (pp. 443-448)

      Ayant à traduire la conjonctionwhile, très courante dans les textes anglais et souvent placée en tête de phrase, tout traducteur, débutant ou chevronné, pense spontanément aux locutions conjonctives « alors que » ou « bien que ». Ces solutions, correctes du point de vue strictement grammatical, aboutissent dans bien des cas à des phrases lourdes et peu naturelles en français. Sans compter que le mode subjonctif qui suit obligatoirement « bien que » est parfois délicat à manier. Songeons au maniement de l’imparfait du subjonctif et à ses consonances plus ou moins disgracieuses: « Encore eût-il fallu que je...

    • Objectif 53 WHEN
      (pp. 449-454)

      Certains mots simples et courants font trébucher les traducteurs débutants et parfois les traducteurs professionnels pressés par les échéances.Whenest un de ces mots. Au moins quatre de ses emplois en anglais présentent un piège pour qui traduit vers le français:a) lorsqu’il a une valeur causale;b) lorsqu’il marque la continuation;c) lorsqu’il est pronom ou adverbe relatif;d) lorsqu’il suithardly,barelyouscarcely.

      Nous ne traitons pas ici des multiples équivalents idiomatiques dewhentels que:When he was 20…: À l’âge de 20 ans…;When crossing the street, make sure that…: En traversant la rue,...

    • Objectif 54 WITH/SUCH
      (pp. 455-462)

      Nous traiterons dans cet objectif à la fois de la prépositionwith, aux multiples rapports logiques, et du déterminantsuch, qui peut être à la fois adjectif, pronom ou adverbe. La préposition, tout comme la conjonction, joue dans la phrase le rôle de jointure. Sa fonction est de marquer un rapport de lieu, de temps, de possession, de manière, d’accompagnement, d’opposition, d’instrument. Une même préposition peut indiquer plus d’une dizaine de rapports distincts. À force de servir, les prépositions et les conjonctions se sont usées et ont perdu leur signification propre. Elles sont devenues de simples motsoutils, des mots vides,...

    • Objectif 55 DISJONCTIONS EXCLUSIVES
      (pp. 463-468)

      On entend par disjonction exclusive une proposition qui renferme un choix assorti d’une condition. Soit les options A ou B; si telle condition est remplie, l’option A s’applique, sinon c’est l’option B. Le choix à faire est donc restrictif, conditionnel, exclusif. Les disjonctions les plus courantes en anglais sont formées du pronomwhichever, d’un verbe et d’un comparatif:whichever is the lower,whichever is the higher,whichever is the earlier,whichever is the later,whichever is the longer, etc. On rencontre aussiwhichever comes[var.occurs]first,whichever may be the later,whichever is lesset autres formulations de ce...

    • Objectif 56 DÉTERMINANTS JUXTAPOSÉS
      (pp. 469-474)

      L’un des traits les plus caractéristiques de la langue anglo-américaine est sa capacité d’accumuler devant un substantif, par simple juxtaposition, une longue suite de déterminants qui le modifient. Il ne semble pas y avoir de limite au nombre de déterminants antéposés qui forment avec le substantif une unité syntagmatique complexe.

      Cette forme de composition par juxtaposition directe des composants existe évidemment en français. Les écrivains tirent de cette construction des effets stylistiques parfois saisissants, comme cette description très évocatrice d’un paysage d’hiver extraite d’un roman d’Anne Hébert : « La plate, longue, large, vague, poudreuse étendue neigeuse » (Hébert, 1970:...

    • Objectif 57 STRUCTURES RÉSULTATIVES
      (pp. 475-480)

      Cet objectif porte sur un autre aspect du maniement du langage: l’expression de la modalité. Nous verrons que la démarche de l’anglais diffère de celle du français à cet égard et que le procédé de traduction, appelé « chassé-croisé », se révèle particulièrement utile au moment de la restitution des structures résultatives. Cet objectif sera aussi l’occasion d’approfondir les notions d’implicitation, de présupposé extradiscursif et de surtraduction.

      Nous entendons par « structure résultative » une construction syntaxique anglaise qui indique d’abord les modalités d’une action ou d’un phénomène avant le résultat produit. Les modalités (cause, manière, moyen) sont exprimées par...

    • Objectif 58 VERBES DE PROGRESSION, VERBES DʹABOUTISSEMENT
      (pp. 481-486)

      Il est important de faire la distinction entre les verbes de progression et les verbes d’aboutissement, car cela permet d’expliquer pourquoi « Les prix ont monté de 5 à 10 $ » peut prêter à équivoque et pourquoi « *Le prix est augmenté à 50 $ » est un solécisme (v. le Glossaire). Cette distinction n’est pas pertinente en anglais parce que c’est la préposition ou l’adverbe accompagnant le verbe qui marque la progression ou l’aboutissement. En français, les prépositions sont des mots vides et ont une valeur sémantique presque nulle, et c’est pourquoi elles ne peuvent pas remplir cette...

    • Objectif 59 NÉGATIVATION
      (pp. 487-496)

      Dans son essaiLe poisson et le bananier. Une histoire fabuleuse de la traduction, David Bellos compare le titre original de la comédie romantique américaineIt’s Complicated(2009) et le titre de la version française du film. Les héros, interprétés par Alec Baldwin et Meryl Streep, éprouvent l’un pour l’autre un retour de flamme quelques années après leur divorce. Les « complications » auxquelles le titre fait allusion comprennent, entre autres, la nouvelle épouse de Baldwin, soupçonneuse et toujours aux aguets, ainsi que les trois enfants du premier lit devenus de jeunes adultes.

      Même si une traduction littérale du titre...

    • Objectif 60 PARTICIPES PRÉSENTS, GÉRONDIFS ET RAPPORTS LOGIQUES
      (pp. 497-504)

      La proposition participiale est d’un emploi fréquent en anglais. Les cas qui retiendront notre attention ici sont ceux du participe présent et du gérondif anglais qui donnent lieu en traduction à des constructions syntaxiques fautives ou critiquées — anacoluthes, solécismes —, ou à des interférences résultant d’une mauvaise interprétation des rapports logiques reliant un participe présent ou un gérondif à la proposition principale. Nous nous demanderons, en conclusion, s’il faut toujours éviter certains emplois qui heurtent la syn taxe française, notamment dans la langue économique, très perméable à l’influence de l’an glais, comme chacun le sait.

      Au moyen d’une même...

    • Objectif 61 VOIX PASSIVE
      (pp. 505-510)

      Lorsqu’il est question de style, les auteurs d’ouvrages sur l’art d’écrire ou de manuels traitant des techniques de la rédaction professionnelle ont coutume de multiplier les mises en garde contre l’abus de la voix passive en français. Certains professeurs de tra duction ou de rédaction leur font écho et vantent les mérites de la voix active en français. L’anglais affectionnerait le passif, tandis que le français, ami des tournures actives, cherche rait à l’éviter à tout prix.

      En réalité, la question n’est pas aussi tranchée. L’emploi de la voix passive se justifie en français comme en anglais par le désir...

    • Objectif 62 TOURNURES NOMINALES, TOURNURES VERBALES
      (pp. 511-518)

      Un autre aspect du maniement du langage dont doit tenir compte un manuel d’initiation à la traduction de l’anglais vers le français est la nécessité de rendre fréquemment une structure verbale anglaise par une structure nominale en français. Lorsqu’Alexandre Calder, l’inventeur des sculptures mobiles, est mort en novembre 1976, la revueTimea titré:Calder: The Mobile Stopset le magazine françaisL’Express: « Mort d’un mobile ». Le titre français n’est pas la traduction de l’anglais. Tout naturellement, le journaliste français a choisi une tournure nominale, contrairement à son collègue américain.

      On peut multiplier ce genre d’exemples. Sur des...

  14. IX DIFFICULTÉS D’ORDRE STYLISTIQUE

    • INTRODUCTION
      (pp. 521-522)

      Il arrive un moment où l’apprentissage de la traduction se confond avec celui de la bonne rédaction. «All translation problems finally resolve themselves into problems of how to write well in the target language» (Newmark, 1982: 17). On aurait tort de dissocier traduction et rédaction, activités qui sont en réalité deux formes d’une même opération intellectuelle. L’écrivain et traducteur Michel Tournier a écrit à ce sujet : « Traduire de l’anglais en français, ce n’est pas un problème d’anglais, c’est un problème de français. Certes la connaissance de l’anglais est indispensable. Mais il s’agit pour le traducteur d’une...

    • Objectif 63 CONCISION
      (pp. 523-530)

      Auguste Rodin se plaisait à répéter : « Pour faire une sculpture, je prends un bloc de marbre et j’enlève ce qu’il y a de trop.» Cette boutade nous introduit assez bien dans ce que nous aimons appeler l’« esthétique du dépouillement ». La concision est un fait de discours, non de langue. Elle relève de l’application des techniques de rédaction. C’est l’usager qui est plus ou moins concis, plus ou moins verbeux dans l’expression de ses pensées quand il les met par écrit. Ces qualités n’appartiennent pas à la langue elle-même. Il arrive souvent que les textes traduits soient...

    • Objectif 64 ÉLIMINATION DES RELATIVES
      (pp. 531-536)

      L’art d’écrire se manifeste, entre autres, par l’aptitude à procéder à des substitutions opportunes. Grâce à des solutions équivalentes bien choisies, on peut varier l’expression, alléger ses phrases et leur donner un tour aisé et idiomatique. La suppression des propositions relatives est une façon de renforcer la cohérence d’une traduction et d’atteindre la concision. C’est sûrement la façon la plus simple de supprimer les longueurs inutiles d’un texte, et les bons traducteurs ne manquent pas de recourir à ce procédé. Il est toujours souhaitable d’éliminer les encombrants pronoms relatifs. L’abus des relatives en cascade alourdit singulièrement un style. Il est...

    • Objectif 65 DÉPERSONNALISATION
      (pp. 537-542)

      Il est fréquent que les rédacteurs anglo-saxons s’adressent directement à leurs lecteurs, là où un auteur de langue française préférera rester impersonnel. Le premier procède à une sorte de prise en charge affective du lecteur, tandis que le second adopte un registre neutre. Les destinataires de langue française ne semblent pas avoir les mêmes attentes que les lecteurs anglo-américains en ce qui concerne, par exemple, la communication d’une information technique. Il souhaite une information claire, objective, précise et efficace, sans enrobage affectif.

      C’est souvent au moyen du pronom personnelyouque les auteurs de langue anglaise donnent à certains de...

    • Objectif 66 ANAPHORES ET RÉPÉTITIONS
      (pp. 543-550)

      Horace, dans sonArt poétique, écrit à propos des poèmes : « l’un plaît une fois, l’autre, cent fois répété, plaira toujours » (vers 365). De ce vers, on a tiré l’aphorisme «Bis repetita placent» : « Les choses répétées plaisent ». Mais cela s’applique-t-il vraiment à toutes les répétitions? Aux répétitions d’idées et de belles figures comme aux répétitions lexicales? Toutes les répétitions sont-elles légitimes, justifiées, stylistiquement pertinentes?

      En littérature, un auteur comme Milan Kundera s’est souvent plaint que « les tra ducteurs (obéissant aux professeurs de lycée) [aient] tendance à limiter les répétitions » (Kundera, 1993:...

    • Objectif 67 AUXILIAIRES MODAUX: CAN/MAY/SHOULD
      (pp. 551-560)

      Les auxiliaires modaux servent à exprimer le point de vue du locuteur à l’égard de son sujet. Ces verbes défectifs remplacent souvent le mode du subjonctif, qui exprime un ordre, une exhortation, une défense, un souhait, un désir, un regret, une concession, une supposition, une éventualité ou une hypothèse. En anglais, les auxiliaires modaux sontcan(could),may(might),shall(should),will(would),must, ought to; en français, « devoir, pouvoir, savoir, vouloir et falloir ». Le présent objectif porte uniquement surcan, mayetshould, dont la fréquence dans les textes pragmatiques est élevée, ce qui force le traducteur...

    • Objectif 68 LOCUTIONS, CLICHÉS, IDIOTISMES
      (pp. 561-576)

      Les locutions, clichés et idiotismes sont les plus courts chemins entre deux idées. Ces notions sont définies dans le Glossaire. Nous pourrions appliquer à l’anglais, comme à toute autre langue sans doute, ce que Charles Bally dit de la langue française : « Le français est une langue où il est extrêmement facile de parler et d’écrire en enfilant les clichés. [Cette langue] a le goût des formules définitives, des maximes frappées comme des médailles [et souvent] à base d’antithèse » (Bally, 1944 : § 571). Avec la syntaxe, les expressions figées constituent la spécificité d’un idiome par le découpage...

    • Objectif 69 ALLUSIONS
      (pp. 577-586)

      Les locutions, clichés et idiotismes étudiés à l’objectif précédent nous amènent tout naturellement à traiter des allusions. Nous nous intéresserons plus spécialement aux allusions dites « prestigieuses » ou « culturelles », c’est-à-dire à celles qui renvoient à des évé nements historiques, au folklore, à des légendes ou à des mythes, à des faits culturels, à des réalités sociales ou religieuses, à des titres ou extraits d’œuvres littéraires, à des vers célèbres, à des comptines, à des titres de films, de chansons ou d’émissions de télévision, à des dialogues de films, à des répliques de pièces de théâtre, à des...

    • Objectif 70 MÉTAPHORES
      (pp. 587-600)

      La métaphore est une figure de style qui consiste en une comparaison elliptique fon dée sur l’analogie de deux objets, de deux idées, de deux situations présentant quelque caractère commun. Elle s’adresse à la fois à la raison et à l’imagination, et représente pour l’écrivain et le rédacteur une formidable économie de moyens. La métaphore dynamise un récit et, un peu comme l’allusion, rehausse son pouvoir évocateur par la production d’images mentales. Elle est aussi une forme de traduction, car elle exprime une réalité abs traite au moyen de termes concrets.

      Le langage étant métaphorique par nature, il est imprégné...

    • Objectif 71 JUXTAPOSITION/COORDINATION VS ARTICULATION/SUBORDINATION
      (pp. 601-606)

      L’anglais manifeste une certaine prédilection pour la juxtaposition et la coordination, alors que le français accorde naturellement sa préférence à l’articulation et à la subordination. La philologue et traductrice roumaine Tatiana Slama-Cazacu a formulé l’obser vation suivante : « Un Français moderne, se soumettant au système actuel d’expression, ne construit plus ses phrases en se basant surtout sur la coordination, mais bien sur la subor dination » (Slama-Cazacu, 1961 : 53-54). Pour sa part, l’auteur deLangue française, langue humaine, Jacques Duron, affirme : « L’anglais juxtapose des moments de pensée que le fran çais préfère lier dans un ensemble...

    • Objectif 72 FAUSSE QUESTION
      (pp. 607-612)

      La fausse question (rhetorical question) est un procédé de rhétorique connu aussi sous les noms de « pseudo-interrogation », « fausse interrogation » ou « question oratoire ». Ce procédé rhétorique consiste à poser une question dans le corps d’un texte, sans que cette interrogation appelle une réponse explicite. Les fausses questions sont fréquentes dans les publicités, les dépliants promotionnels ou les brochures de vulgarisation. Elles sont présentes, en fait, dans tout genre de document qui cherche à convaincre le lecteur ou à établir une forme de dialogue avec lui, qu’il s’agisse de textes pragmatiques ou littéraires.

      Microwaves perform at...

    • Objectif 73 RÉSEAUX LEXICAUX
      (pp. 613-618)

      Un réseau lexical (v. le Glossaire) est un groupe de mots qui, dans un texte, forme un sous-ensemble sémantique et thématique. On peut également définir le réseau lexical, aussi appelé « champ lexical », comme l’« ensemble des mots utilisés dans un texte pour caractériser une notion, un objet, une personne » (Reuter, 1997 : 75). Un texte n’est pas uniquement constitué d’une forme et d’un sens. Il a aussi le sens de sa forme. Il « fonctionne » d’une certaine manière, ilfaitquelque chose. La traduction doit, elle aussi, faire ce que fait le texte original. Un texte...

    • Objectif 74 RENFORCEMENT DU CARACTÈRE IDIOMATIQUE DU TEXTE DʹARRIVÉE
      (pp. 619-630)

      Contrairement à l’unilingue, le traducteur travaille à la frontière de deux langues. Il risque donc grandement de limiter son expression aux seules ressources que lui suggère la langue de départ et de n’utiliser qu’une fraction des possibilités expressives qui se présenteraient spontanément à son esprit s’il rédigeait dans sa langue dominante. Bien que l’expression soit un moyen et le contenu, la fin, dans le cas des textes pragmatiques tout au moins, il reste que le traducteur doit épargner aux lecteurs le désagrément de lire un texte stylistiquement terne, insipide et imprégné du souvenir de la langue de départ. La langue...

    • Objectif 75 TEXTES MAL ÉCRITS
      (pp. 631-640)

      C’est une réalité: bon nombre de textes pragmatiques soumis à la traduction sont de composition médiocre. Les traducteurs en font l’expérience fréquemment dans leur pratique quotidienne. Il est vrai aussi, comme l’a observé David Bellos, que « les traductions ont tendance à se conformer bien plus fortement qu’un texte original à une conception normalisée de ce qui devrait être la langue cible » (Bellos, 2012 : 211). Les traducteurs répugnent à transposer dans la langue d’arrivée les faiblesses de rédaction qu’ils constatent dans les originaux. Sans doute parce qu’ils savent d’instinct que l’auteur sera crédité de toutes les qualités d’une...

  15. GLOSSAIRE
    (pp. 641-694)
  16. BIBLIOGRAPHIE
    (pp. 695-712)
  17. Annexe I LISTE DES TEXTES
    (pp. 713-714)
  18. Annexe II NOTICES BIOGRAPHIQUES
    (pp. 715-716)