Arvida au Saguenay

Arvida au Saguenay: Naissance d'une ville industrielle

JOSÉ E. IGARTUA
https://www.jstor.org/stable/j.ctt80k7v
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    Arvida au Saguenay
    Book Description:

    The town of Arvida provides a field on which we can observe in microcosm the birth of an industrial town and the development of the population's identity as a community. Using a wealth of quantitative and qualitative data, José Igartua examines what type of people chose to come, who decided to stay, how they lived, and how the demographic traits of the region shifted. He argues that even though a significant proportion of the population came from outside the region Arvida gradually acquired the character of a Saguenay town, where family, the Catholic Church, and French-Canadian culture were dominant. Igartua pays particular attention to the local labour movement, which culminated in the famous wildcat strike of 1941, revealing that the fight for collective action was the turning point in the development of a community consciousness.

    eISBN: 978-0-7735-6583-8
    Subjects: Business

Table of Contents

  1. Front Matter
    (pp. 1-4)
  2. Introduction
    (pp. 5-11)

    Arvida. Le mot étonne un peu, perdu entre les noms de saints et les mots à consonance amérindienne qui servent à désigner la plupart des lieux au Saguenay. Le symbole qu’il véhicule n’en est pas moins clair pour autant. Le nom d’Arvida commémore ARthur VIning DAvis, président de la compagnie Alcoa, qui créa la ville en 1925. Cette entreprise américaine était, au moment de la création d’Arvida, le plus grand producteur d’aluminium au monde. L’artère principale d’Arvida, le boulevard Mellon, porte le nom du Secrétaire du Trésor des États-Unis durant les années 1920. Réputé comme étant l’homme le plus riche...

  3. [Illustrations]
    (pp. None)
  4. CHAPITRE UN Le royaume du Saguenay
    (pp. 13-31)

    «Lee, je vais acheter cela » , s’exclama Duke. Le magnat américain du tabac venait de faire plus de trois kilomètres à pied sur les rives du haut-Saguenay, en compagnie de son hydraulicien en chef, W.S. Lee. Se penchant à travers les buissons pour mieux contempler les gorges au fond desquelles coulait le Saguenay, Duke découvrait la puissance que cette eau, une fois harnachée, pourrait constituer; il saisissait du même coup, en ce mois de septembre 1912, le potentiel industriel du Saguenay.¹

    Fondateur de l’American Tobacco Company, James Buchanan Duke avait dû se plier, en 1911, au verdict de la...

  5. CHAPITRE DEUX La construction de la ville
    (pp. 32-52)

    La construction d’Arvida fut à la fois une entreprise matérielle et une création sociale. L’emplacement retenu par Alcoa pour l’implantation de ses usines, une plaine située à 12 km de Chicoutimi, 8 km de Jonquière et 5 km de Kénogami, commandait la construction d’une « ville de compagnie », pour loger les travailleurs des usines, comme Alcoa en avait construites à Alcoa, au Tennessee, et à Bauxite, en Arkansas.² Alcoa bâtit la ville en même temps que les usines. Elle s’en réserva l’administration, en choisit les résidants et joua, par l’intermédiaire de ses cadres, un rôle central dans la mise...

  6. CHAPITRE 3 La constitution de la main-d’oeuvre, 1925–1940
    (pp. 53-82)

    Dans le rapport qu’il prépare en 1925 sur la possibilité d’établir une aluminerie au Saguenay, l’ingénieur d’Alcoa, James W. Rickey, ne se préoccupe pas de la question de la main-d’oeuvre. Le sujet ne mérite dans son rapport que la phrase citée en exergue; l’ingénieur se penche plutôt sur les problèmes techniques de la construction des usines et des moyens de transport. Mais la question de la main-d’oeuvre va s’imposer d’elle-même. Les usines d’Arvida doivent recruter plus de 6 000 personnes entre 1925 et 1939, pour maintenir des effectifs de l’ordre de 1 000 travailleurs, rarement davantage. Moins de la moitié...

  7. CHAPITRE QUATRE Le travail en usine
    (pp. 83-112)

    Le complexe industriel construit par Alcan à Arvida introduit dans la région du Saguenay des activités industrielles d’un type nouveau en même temps qu’il fait appel à des métiers déjà connus des Saguenayens. Certains métiers, comme celui de cuviste ou le travail relié à la fabrication d’anodes de carbone, sont spécifiques à l’industrie de l’aluminium et, par conséquent, inconnus des travailleurs de la région. D’autres leur sont plus familiers, tels que la mécanique et les métiers de la construction, le travail de bureau ou encore les emplois de journaliers. Encore faut-il que les travailleurs se familiarisent avec les méthodes de...

  8. CHAPITRE CINQ La population de la ville
    (pp. 113-144)

    Ce chapitre décrit l’habitat urbain, la population qui y vit, sa façon d’occuper le parc de logements et le roulement qui départage les gens de passage des Arvidiens stables. L’analyse porte dans un premier temps sur les caractéristiques de l’habitat urbain et sur la formation des quartiers. Nous esquissons ensuite le profil de la population qui occupe les quartiers de la ville. La dernière partie du chapitre traite des modes d’occupation du parc de logements et du roulement de la population. L’image qui se dégage de ces analyses laisse voir une communauté marquée par des clivages professionnels, ethniques et religieux...

  9. CHAPITRE SIX Les travailleurs et leurs familles
    (pp. 145-173)

    Quittons maintenant l’espace social d’Arvida pour pénétrer dans l’univers domestique des travailleurs et de leurs familles. Prenons une famille dont l’histoire est, somme toute, assez typique. Fernand R.¹ est né à Saint-jérôme, une paroisse rurale du Lac-Saint-Jean, en 1886. Le prêtre qui l’a baptisé ne s’est pas donné la peine d’inscrire sur l’acte de baptême la profession de son père, ce qui signifie sans doute que celuici était agriculteur. En 1911, à l’âge de 25 ans, Fernand R. épouse à Roberval une fille d’agriculteur, Lucie B., née à Saint-Félicien et âgée de 21 ans. Dix mois plus tard, lorsque survient...

  10. CHAPITRE SEPT La naissance du syndicalisme
    (pp. 174-195)

    La région du Saguenay est le berceau du syndicalisme catholique au Québec. Le premier syndicat catholique québécois, la Fédération ouvrière mutuelle du Nord, fut créé en 1912 à Chicoutimi sous l’impulsion de MgrEugène Lapointe, supérieur du séminaire de Chicoutimi. MgrLapointe s’était fait depuis le début du siècle le promoteur de la pensée sociale de l’Église dans le domaine syndical. Le clergé et certaines entreprises locales appuient cette forme de syndicalisme, par opposition au syndicalisme « neutre » des unions internationales, qui menace selon eux la foi et l’ordre social. Les syndicats catholiques du Saguenay, particulièrement ceux du secteur...

  11. CHAPITRE HUIT La grève de 1941
    (pp. 196-224)

    Le jeudi 24 juillet, au changement de quart, à 16 h oo, les travailleurs des salles de cuves abandonnent leur travail et se dirigent vers la sortie des usines, au cri de « Une piastre de l’heure, pas de prime, et au diable les cuves ».¹ Ainsi commençait une grève qui allait revêtir une grande importance, non seulement pour le Saguenay, mais pour le pays tout entier. C.D. Howe, le ministre des Munitions et approvisionnements, allait se servir de cette grève pour obtenir des pouvoirs accrus dans la poursuite de l’effort de guerre. Au Saguenay, les accusations de sabotage proférées...

  12. Conclusion
    (pp. 225-230)

    Entre 1925 et 1939, l’histoire d’Arvida connaît trois grandes phases. La première, qui décide de sa création et trace les grandes lignes de sa physionomie physique et sociale, est marquée au sceau du grand capital: Arvida fut d’abord le lieu de matérialisation des stratégies de grands industriels américains. La mise en place du cadre de travail et du cadre de vie constitue la deuxième phase: l’Arvida des premiers venus est un tamis qui reçoit une masse assez hétéroclite d’individus. Ces individus y demeurent plus ou moins longtemps, selon leurs dispositions ou celles de l’entreprise. Il se forme ainsi un noyau...

  13. ANNEXE UN Analyses statistiques
    (pp. 231-239)
  14. ANNEXE DEUX Jumelage des données démographiques
    (pp. 240-242)
  15. Bibliographie
    (pp. 243-258)
  16. Liste des tableaux
    (pp. 259-262)
  17. Liste des figures
    (pp. 263-264)
  18. Remerciements
    (pp. 265-266)
  19. Index
    (pp. 267-274)
  20. Table of Contents
    (pp. 275-275)