Miroir et Savoir

Miroir et Savoir

Daniel DE SMET
Meryem SEBTI
Godefroid DE CALLATAŸ
Volume: 38
Copyright Date: 2008
Published by: Leuven University Press
Pages: 320
https://www.jstor.org/stable/j.ctt9qdxx3
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    Miroir et Savoir
    Book Description:

    Grâce à sa grande richesse, la métaphore platonicienne du miroir a été adoptée, amplifiée et élaborée dans l’Antiquité par une multitude d’auteurs, certes tous d’inspiration platonicienne, mais appartenant à la fois au paganisme et au christianisme. Lorsqu’on étudie cette métaphore dans le corpus philosophique, mystique et poétique en terre d’Islam, on constate qu’il ne s’agit pas d’une récurrence fortuite, d’un lieu commun, d’un archétype de la pensée humaine. Il s’agit au contraire de l’adoption d’un thème précis, toujours lié à un contexte platonicien malgré la pluralité des courants dans lesquels il apparaît. Les contributeurs au livre Miroir et Savoir se sont attachés à étudier les modalités selon lesquelles le thème platonicien du miroir est passé du paganisme et du christianisme à la culture arabo-musulmane, de la langue grecque et syriaque à l’arabe et au persan. Ils ont tenté de dévoiler les mécanismes de ces passages et d’en déterminer l’enjeu conceptuel. Cet ouvrage espère ainsi apporter une contribution au dossier de l’histoire de la réception du corpus philosophique grec dans le monde arabo-musulman.

    eISBN: 978-94-6166-027-5
    Subjects: Philosophy

Table of Contents

  1. Front Matter
    (pp. I-IV)
  2. INTRODUCTION
    (pp. V-VIII)
    Daniel de Smet and Meryem Sebti

    Ce volume présente les actes du colloque internationalMiroir et Savoir. La transmission d’un thème platonicien, des Alexandrins à la philosophie arabo-musulmane, tenu conjointement à Leuven et Louvain-la-neuve, les 17 et 18 novembre 2005.

    Les participants à ce colloque se sont attachés à étudier les modalités selon lesquelles le thème platonicien du miroir est passé du paganisme et du christianisme à la culture arabo-musulmane, de la langue grecque et syriaque à l’arabe et au persan. Ils ont tenté de dévoiler les mécanismes de ces passages et d’en déterminer l’enjeu conceptuel. Cet ouvrage espère ainsi apporter une contribution au dossier de...

  3. Table of Contents
    (pp. IX-X)
  4. LE RAPPORT MODÈLE-IMAGE DANS LA PENSÉE DE PLOTIN
    (pp. 1-48)
    Cristina D’Ancona

    Dans un passage célèbre de laMétaphysique, Aristote note avec reproche, que les Platoniciens font appel à un langage poétique sans contenu scientifique lorsqu’ils affirment que les Idées sont des modèles et que les autres choses en participent². Les Platoniciens³ antérieurs à Plotin ne semblent pas trop troublés par ce reproche ni, à dire vrai, par les objections d’Aristote contre la doctrine des Idées. Certains d’entre eux étaient convaincus que la distance entre la pensée d’Aristote et celle de Platon n’était pas si grande; d’autres, et même parmi ceux qui se sont opposés à Aristote⁴, n’ont pas dis-1 Meryem Sebti...

  5. HABET SPECULUM PHILOSOPHUS! Du miroir sophistique à l’image intérieure
    (pp. 49-78)
    Anca Vasiliu

    Eh oui, il a un miroir, lui, le philosophe ! Et alors ?! Qu’y-a-t-il de si problématique, de si grave, voire de si scandaleux que l’on puisse s’en servir comme d’une preuve majeure pour la condamnation à mort d’un homme ? Si tant est que l’histoire racontée par Apulée de manière indirecte dans sonApologiesoit vraie ; qu’il s’agisse donc bien d’un épisode de sa vie, et que nous n’ayons pas affaire, en réalité, à une oeuvre de genre ; qu’il ne nous fournisse pas un discours de défense pour motiver une auto-présentation, un discours rédigé dans le contexte...

  6. PROCLUS ON THE MIRROR AS A METAPHOR OF PARTICIPATION
    (pp. 79-96)
    Carlos Steel

    Book IV of Proclus’ commentary on theParmenidesis devoted to an examination of the different problems about participation that were raised by Parmenides in his discussion with the young Socrates. Proclus begins by introducing three metaphors that have been used in the philosophical tradition to elucidate how sensible objects participate in intelligible Forms: reflections in mirrors, impressions of a seal in wax, images made by crafts (painting or sculpturing).¹ Proclus introduces each of them briefly.

    (1) When someone is looking into a mirror, the position and relation of the reflections (ἐμφάσεις) of his face produce an image of it...

  7. LE MIROIR DANS LA LITTÉRATURE GRECQUE CHRÉTIENNE
    (pp. 97-100)
    Bernard Coulie

    «Miroir et savoir» apparaît comme un fil rouge qui relie entre elles différentes cultures, et qui permet d’exhumer des sources communes, de déblayer des voies de transmission , des Alexandrins à la philosophie arabomusulmane.

    Ces voies de transmission sont passées aussi par le monde chrétien. Si, dans le monde occidental, ce n’est sans doute que la littérature mystique qui garde une trace assez nette du thème du miroir, c’est précisément parce que ce courant mystique est demeuré plus longtemps réceptif à ses sources anciennes et à ses homologues orientaux. C’est donc dans le christianisme oriental que le thème du miroir,...

  8. IMAGE ET SYMBOLE. Le miroir dans la tradition syriaque
    (pp. 101-116)
    Jan M. F. Van Reeth

    Bien que le motif du miroir ait joué un rôle assez important dans la littérature syriaque, un seul article y a été consacré, par le savant éditeur de l’œuvre de Saint Éphrem.¹ Le Père Edmund Beck y a rassemblé un grand nombre de péricopes et croyait pouvoir discerner quatre thèmes fondamentaux, suivant en cela une étude comparative plus ancienne.² Malheureusement, il a négligé ou méconnu l’aspect spéculatif. Il est vrai qu’un nombre de spécialistes continue à nier toute influence hellénistique sur S. Éphrem (dont on se demande parfois s’il savait le grec; en tout cas il n’a écrit qu’en syriaque)...

  9. VRAI PHILOSOPHE ET FAUX PROPHÈTE SELON FĀRĀBĪ. Aspects historiques et théoriques de l’art du symbole
    (pp. 117-144)
    Philippe Vallat

    S’il est vrai, comme l’écrivait René Roques au sujet du Pseudo-Denys, que toutes choses s’édifient par leur sommet, alors dans le cas de Farabi c’est à coup sûr dans la doctrine du symbole, qui couronne toute sa philosophie, qu’il faut chercher l’indice de la consistance de celle-ci. Logique, sémantique, métaphysique, politique, tous les thèmes et, en somme, toutes les sciences et disciplines dont se constitue la philosophie s’y rassemblent d’une façon qui témoigne de l’achèvement et de l’harmonie du système; car la philosophie est bien à ses yeux le système complet de la science.

    Mais s’il s’agit bien d’un sommet,...

  10. RÉCEPTIVITÉ ET SPÉCULATION DANS LA NOÉTIQUE D’AVICENNE
    (pp. 145-172)
    Meryem Sebti

    Avicenne se sert de l’analogie du miroir pour décrire la destinée la plus haute à laquelle puisse prétendre l’âme humaine ; il l’utilise aussi pour caractériser le statut de réceptivité de l’intellect de l’homme vis-à-vis de l’intellect agent. Le miroir, c’est le réceptacle parfait, il ne reflète que ce qu’on lui donne à refléter. De lui-même, il ne contient rien qui puisse interférer avec ce qui est reçu. D’un point de vue ontologique, le miroir est proche des substances spirituelles, son être est dénué de l’opacité propre à la matière. C’est précisément l’explication que fournit Ṭusi dans son commentaire des...

  11. MIROIR, SAVOIR ET ÉMANATION DANS L’ISMAÉLISME FATIMIDE
    (pp. 173-188)
    Daniel De Smet

    Le plus ancien texte ismaélien qui aborde de façon systématique le thème du miroir est, à ma connaissance, le premier chapitre de la quatrième partie (al-mašra‘ al-awwal min al-sur al-rabi‘, littéralement: “le premier carrefour du quatrième mur”) du “Livre de la Quiétude de l’Intellect” (Kitāb Rāḥat al-‘Aql), l’ouvrage principal de Ḥamīd al-Dīn al-Kirmānī, le célèbre théologien ismaélien d’époque fatimide qui futdā‘īen Iraq et passa quelques années au Caire au début du XIesiècle, sous le califat d’al-akim bi-Amr Allah¹.

    Ce chapitre, intituléfī kayfīyāt al-inbi‘āṯ(“sur la quiddité de l’émanation”), servira de base à d’importantes élaborations dans...

  12. MIROIRS ET JEUX DE LUMIÈRE DANS L’ENCYCLOPÉDIE DES FRÈRES DE LA PURETÉ
    (pp. 189-202)
    Godefroid de Callataÿ

    Le corpus d’épîtres constituant l’encyclopédie des Iẖwān al-Ṣafā’ évoque l’image du miroir à plusieurs reprises. Cela n’a rien d’étonnant. À vrai dire, c’est plutôt l’absence de telles évocations qui aurait été de nature à surprendre, dès lors qu’on veut bien prendre en considération, d’une part, le penchant naturel de ces penseurs pour les métaphores de toutes sortes et, d’autre part, la préoccupation quasi obsessionnelle qu’ils entretenaient à l’égard de la pureté de leurs âmes et celles de leurs congénères. Est-il d’ailleurs besoin de rappeler que cette pureté d’âme se retrouve jusque dans le nom que les auteurs des Rasa’il se...

  13. L’ÂME-MIROIR: AL-ĠAZĀLI ENTRE PHILOSOPHIE ET MYSTICISME
    (pp. 203-218)
    Jules Janssens

    La pensée d’al-Ġazālī est d’une très grande complexité. Il est clair qu’il copie de larges extraits de différents textes de ses prédécesseurs, non sans toutefois apporter des modifications plus ou moins importantes (omissions, additions, utilisation d’un autre vocabulaire…). Néanmoins, cela n’empêche pas qu’al-Gazali construit, ou du moins essaie de construire une synthèse originale, mais dont il n’est pas aisé de saisir l’articulation profonde1. Cela est certainement vrai aussi pour la thématique qui nous préoccupe ici, celle du miroir et du savoir.

    Cette thématique est présente d’une façon assez prononcée dans un bon nombre d’oeuvres gazaliennes. Nous nous limiterons surtout à...

  14. DANS LE TESTAMENT SPIRITUEL D’IBN ‘ARABĪ: L’HOMME, MIROIR DE DIEU; DIEU, MIROIR DE L’HOMME
    (pp. 219-232)
    Joseph Van Haeperen

    Le souci du respect de l’unicité de Dieu (letawḥīd) doit-il réduire au silence tous ses véritables adorateurs ? Tenter d’expliciter cette unicité par le langage n’est-ce pas déjà, en principe, porter atteinte à cette unicité ? Tel est le débat auquel se trouve confronté Ibn ‘Arabi après tant d’autres penseurs de l’Islam. La réfraction de l’Un en la multiplicité de ses attributs ne conduitelle pas inévitablement à figer Dieu en une multiplicité de « figures » , à le réduire à des proportions humaines, à ne pas le laisser être ce qu’il est ?

    C’est dans le cadre de...

  15. LES IDÉES PLATONICIENNES ET LE MONDE DE L’IMAGE DANS LA PENSÉE DU ŠAYḪ AL-IŠRĀQ YAḤYĀ AL-SUHRAWARDĪ (CA. 1155-1191)
    (pp. 233-250)
    Hermann Landolt

    Dans le monde de la philosophie arabo-musulmane, la figure duŠay ališrāqŠihāb al-Din Yaḫya al-Suhrawardi (ca. 1155-1191) constitue un cas particulier tout à fait remarquable. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont le plus célèbre,Le Livre de la sagesse de l’Orient des Lumières (Kitāb ḫikmat al-išrāq, plus littéralement: « Le livre de la sagesse philosophique relevant de l’irradiation du soleil matutinal »; ci-dessous =KḤI)¹, lui a valu le titre honorifique deŠayḫ al-išrāqchez les philosophes postérieurs alors que les bibliographes ont plutôt l’habitude de le distinguer de ses homonymes par l’épithèteal-maqtūl, renvoyant ainsi à son exécution à...

  16. ‘AU-DELÀ DU MIROIR’ OR BEYOND DISCOURSE AND INTUITION: PEDAGOGY AND EPISTEMOLOGY IN THE PHILOSOPHY OF MULLĀ ŞADRĀ ŠĪRAZĪ [CA. 1571–1635]
    (pp. 251-272)
    Sajjad H. Rizvi

    A mirror may act as a perceptual aid that facilitates both seeing and understanding a particular object of knowledge. But it still does not allow the perceiver to capture the actual object itself. It remains an intermediary, knowledge of which is required before one can use it to perceive other things. Whether the mirror involved is the mirror of the intellect in which forms of epistemic objects are represented and perceived and thus known by a human knower, or whether it is the mirror of the soul, a quasi-mystical reflection of reality in the self and intuitive ‘tasting’, both are...

  17. L’HISTOIRE DU CONCOURS DES PEINTRES RŪMĪS ET CHĪNĪS CHEZ NIẒĀMĪ ET CHEZ RŪMĪ. DEUX ASPECTS DU MIROIR
    (pp. 273-292)
    Christine van Ruymbeke

    Cet article se propose d’analyser l’emploi d’une même parabole¹ par deux poètes persans-deux géants de la littérature médiévale persane – afin d’illustrer deux théories épistémologiques différentes, employées l’une dans une optique philosophique, l’autre dans une optique mystique. Cet article s’attache donc aussi à mettre en lumière la technique d’emprunt et d’adaptation des poètes de l’époque (les deux auteurs persans étudiés ici n’étant en aucun cas des exceptions dans la manière dont ils traitent leur source). L’oeuvre et la pensée de Mawlana Rumi sont abondamment étudiées et continuent à passionner tous ceux qui sont interpellés par une démarche mystique. Par contre, Nizami...

  18. INDEX DES NOMS
    (pp. 293-294)
  19. INDEX DES TERMES
    (pp. 295-296)
  20. INDEX LOCORUM
    (pp. 297-304)
  21. Back Matter
    (pp. 305-312)