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Le « moment 68 » et la réinvention de l’Acadie

Le « moment 68 » et la réinvention de l’Acadie

Joel BELLIVEAU
Copyright Date: 2014
Pages: 362
https://www.jstor.org/stable/j.ctt9qh3sn
  • Book Info
    Le « moment 68 » et la réinvention de l’Acadie
    Book Description:

    Quatre notables acadiens reçus tels des chefs d'État par Charles de Gaulle au palais de l'Élysée. Plus de 2000 personnes qui manifestent dans les rues de Moncton scandant « on veut du français ! ». Une confrontation très médiatisée à l'hôtel de ville entre quatre jeunes résolus et un maire francophobe. Une tête de cochon déposée sur le seuil de sa maison en guise de protestation. L'occupation du plus grand pavillon de l'Université de Moncton par des étudiants armés de boyaux d'arrosage. Voilà quelques images fortes du « moment 68 » en Acadie, des images ancrées profondément dans la mémoire collective des Acadiens.

    Le présent ouvrage relate l'histoire du mouvement étudiant de Moncton, qui a été, toutes proportions gardées, l'un des plus importants au Canada au cours des années 1960. La dimension nationaliste de ce mouvement étant déjà relativement bien connue, cet ouvrage, appuyé sur des sources inexploitées, apporte une contribution importante à nos connaissances du « moment 68 », en l'ancrant dans l'histoire de la nouvelle gauche. Il permet ainsi de mieux comprendre la genèse et la nature de ce mouvement qui a conduit à un changement de paradigme politique en Acadie. Car, comme nous le rappelle l'auteur, les actions et les paroles des étudiants acadiens représentent, aussi, une incarnation locale de ce large mouvement qui marque l'histoire contemporaine et qui secoue le Québec comme le Canada, les États-Unis et l'Europe.

    eISBN: 978-2-7603-2198-4
    Subjects: History

Table of Contents

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  1. Front Matter
    (pp. 1-8)
  2. Remerciements
    (pp. 9-10)
  3. Introduction Les mouvements étudiants acadiens des années 1960: une force de gauche ou d’affirmation nationale?
    (pp. 11-30)

    Les années 1960 représentent, globalement, une décennie heureuse dans l’histoire des Acadiens du Nouveau-Brunswick, une décennie d’optimisme pendant laquelle la population francophone de cette province du littoral atlantique canadien a eu l’impression de finalement mériter une place au soleil après deux siècles de survivance, voire de survie. L’élection du premier Acadien comme premier ministre de la province, la création d’une université moderne de langue française, la réforme progressiste et égalitaire de la fiscalité et des services publics provinciaux, l’affirmation d’une volonté politique d’accélérer le développement économique des régions rurales – dont plusieurs étaient majoritairement acadiennes – et le parachèvement du réseau scolaire...

  4. Chapitre premier Les Trente Glorieuses ou Le projet national acadien à la croisée des chemins
    (pp. 31-66)

    Au milieu du xxesiècle¹, les Acadiens des Maritimes détiennent nombre d’institutions dites «nationales». Ces institutions – journaux, collèges, conventions, archevêché, sociétés d’entraide mutuelle, coopératives et autres – ont été mises sur pied à partir de la fin du xixesiècle par des nationalistes qui s’évertuaient à créer une société acadienne qui soit la plus autonome possible. Les historiens ont longtemps appelé ce groupe l’ «élite clérico-professionnelle». Après la Seconde Guerre mondiale, celle-ci est encore composée essentiellement de prêtres, d’avocats, de médecins, de petits fonctionnaires (tels que des agronomes et des inspecteurs scolaires) et d’enseignants. Les administrateurs des diverses organisations coopératives et...

  5. Chapitre 2 La naissance d’une sphère étudiante autonome à Moncton, 1957-1966
    (pp. 67-120)

    Les historiens et les sociologues qui ont écrit sur l’Acadie n’ont pas, ou très peu, documenté d’activité militante chez les étudiants acadiens avant 1968. En fait, si ce n’était des récits portant sur l’édification de l’Université de Moncton par les «pères» de la Révolution tranquille acadienne – Louis Robichaud, Clément Cormier, Jean Cadieux, etc. –, on pourrait croire qu’il n’existe, en Acadie, aucun de ces nouveaux campus modernes, qui poussent alors comme des champignons en Amérique du Nord¹.

    Il importe donc d’explorer ce qui s’est produit dans l’univers étudiant depuis le début de la Révolution tranquille acadienne jusqu’en 1967-1968. Il faut...

  6. Chapitre 3 Un premier mouvement étudiant libéral-réformiste, 1964-1967
    (pp. 121-178)

    Les étudiants de Moncton ne se sont donc pas laissé « rallier » par le mouvement national. L’unité de la « grande famille » acadienne n’a pu être refaite. Ils ont su, dans la première moitié des années 1960, s’imposer comme groupe social ayant ses propres discours et ses propres idées. Mais à quoi ressemble donc l’idéologie qu’ils propagent, au-delà de leur méfiance envers les organisations acadiennes et de leur confiance en leurs confrères anglophones ? Correspond-elle, comme d’aucuns ont pu le croire, à un « protonéonationalisme » ? Les étudiants de l’ « avant-1968 » se contentaient-ils de préparer...

  7. Chapitre 4 « L’esprit de 1968 » et la naissance du deuxième mouvement étudiant de Moncton
    (pp. 179-234)

    Les événements qui se sont produits au cours des années 1968-1970 replacent la thématique linguistique au coeur des débats et donnent lieu à des revendications d’un type nouveau, fondées sur la notion de droits collectifs: on assiste à la naissance d’une nouvelle mouture du nationalisme acadien, comme l’ont bien montré de nombreux commentateurs et chercheurs¹. Mais quel a été le rôle des étudiants dans le développement de ce nouveau nationalisme ? En quoi leur discours a-t-il changé et comment ce changement idéologique et discursif s’est-il produit ?

    On a vu, dans le chapitre précédent, que la simple « migration »...

  8. Chapitre 5 La propagation des idées néonationalistes, 1968-1974
    (pp. 235-278)

    A près la grève de février 1968, les étudiants de Moncton se sentent investis d’une mission, celle d’obtenir un traitement particulier pour la minorité acadienne dans le but de favoriser son épanouissement. Ils endossent entièrement cette responsabilité, comme en témoignent leur mobilisation continue pour l’obtention de fonds additionnels pour l’Université et la résurrection du mouvement en faveur de la dualité scolaire.

    Les étudiants sont initialement les seuls à endosser les idées néonationalistes. En peu de temps, toutefois, la nouvelle idéologie est diffusée dans la société civile et elle a même des effets tangibles sur la politique néo-brunswickoise. Le mode de...

  9. Conclusion
    (pp. 279-284)

    Au début de ce livre, je me suis donné pour objectif d’explorer globalement l’évolution récente de la culture politique des Acadiens du Nouveau-Brunswick. Pour ce faire, j’ai choisi d’analyser les mouvements étudiants afin de comprendre leur contribution au changement qui s’est opéré au cours de la période dite des Trente Glorieuses.

    La décision d’observer le milieu étudiant reposait sur deux hypothèses: 1) ce milieu représentait un baromètre fiable du climat politique acadien de l’époque; 2) les mouvements étudiants des années 1960 constituaient le meilleur « pont » pour arrimer l’histoire acadienne contemporaine à l’histoire nord-américaine, et cet arrimage allait permettre...

  10. Sigles
    (pp. 285-286)
  11. Bibliographie
    (pp. 287-300)
  12. Index
    (pp. 301-308)
  13. Table of Contents
    (pp. 309-311)