Skip to Main Content
Have library access? Log in through your library
Research Report

Le marché domestique du sciage artisanal en République démocratique du Congo: État des lieux, opportunités, défis

Guillaume Lescuyer
Paolo Omar Cerutti
Pitchou Tshimpanga
François Biloko
Bernard Adebu-Abdala
Raphaël Tsanga
Régis Ismael Yembe-Yembe
Edouard Essiane-Mendoula
Copyright Date: Jan. 1, 2014
Pages: 62
OPEN ACCESS
https://www.jstor.org/stable/resrep02230
  • Cite this Item

Table of Contents

  1. (pp. 1-3)

    Avec une superficie estimée à 155 millions d’hectares de forêts (MECNT-WRI 2009), dont deux tiers de forêt humide, la forêt de la République démocratique du Congo (RDC) représente près de la moitié des forêts tropicales humides d’Afrique. C’est au début des années 2000, avec le retour progressif de la paix, que le pays a entrepris un vaste programme de réformes politiques, économiques et institutionnelles, concernant notamment le secteur forestier (Debroux et al. 2007). Ainsi, sous la pression de certains bailleurs internationaux (Trefon 2006), un code forestier a été promulgué – la loi 11/2002 du 29 août 2002 – afin de...

  2. (pp. 4-6)

    La gestion des ressources forestières en RDC était régie par le décret colonial du 11 avril 1949 jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi n° 11/2002 du 29 août 2002 portant code forestier. Ce dernier texte apporte des innovations en matière d’accès des communautés locales aux ressources forestières, de propriété des arbres localisés autour des villages et de participation des citoyens congolais à l’exploitation forestière, notamment par leur accès réservé aux « permis de coupe artisanale » (PCA). Aux termes de l’article 8 de l’arrêté n°35 du 5 octobre 2006 relatif à l’exploitation forestière, le PCA est 1) octroyé aux...

  3. (pp. 7-12)

    Les analyses ont été conduites sur quatre sections de la filière d’exploitation artisanale du bois : (1) la production et la transformation qui ont lieu en milieu rural, (2) la vente dans les villes de Kinshasa et Kisangani, (3) les flux de bois entrant les villes de Kinshasa et Kisangani et (4) les flux de bois vers le Nord Kivu, l’Ouganda et le Rwanda. Pour chacune des sections, une approche méthodologique spécifique a été adoptée. Les protocoles d’enquête ont tous été élaborés en trois phases : diagnostic préalable, pré-enquête de deux mois, monitoring d’une durée minimale d’une année.

    L’analyse sur...

  4. (pp. 13-30)

    Les entretiens réalisés avec les autorités à l’échelle des territoires comme avec les scieurs s’accordent sur l’historique du sciage artisanal dans les provinces limitrophes de Kinshasa. Cette activité a débuté vers la fin des années 1970 mais elle s’appuyait alors sur l’utilisation manuelle de la simple scie (Gerkens et al. 1991). Elle s’est étendue dans les années 1980. La substitution des scies par des tronçonneuses s’est faite à la fin des années 1980, mais c’est surtout à partir du milieu des années 1990 que le nombre de tronçonneurs a fortement augmenté, comme l’indique la Figure 5 qui retrace le nombre...

  5. (pp. 31-37)

    Si l’ampleur du sciage artisanal tend à faire consensus aujourd’hui en RDC, les différentes catégories d’acteurs ne sont pas forcément d’accord sur les mesures à prendre ou à appliquer pour sécuriser et/ou formaliser ce secteur. Les ateliers de concertation que nous avons tenus en 2013 et 2014 à Kinshasa, en province Orientale et dans le Nord-Kivu démontrent d’ailleurs les intérêts - affichés ou cachés - divergents de l’État, des exploitants artisanaux, des exploitants industriels, de la communauté internationale, de la société civile, et de la population locale. Sans surprise, les propositions qui ont fait compromis sont les réformes de fond...

  6. (pp. 38-40)

    L’exploitation artisanale du bois est aujourd’hui une activité durablement ancrée dans la société congolaise. Depuis une dizaine d’années, la normalisation politique progressive a entraîné des changements importants dans ce secteur, notamment grâce à une demande croissante des marchés locaux et régionaux, à une relative amélioration de l’infrastructure routière, à l’accès facilité aux tronçonneuses et à la présence d’acteurs économiques prêts à investir dans la filière (Debroux et al. 2007, Benneker et al. 2012). L’ensemble de ces facteurs a induit une augmentation substantielle du sciage artisanal en RDC ces 15 dernières années, d’autant plus que cette activité a été entérinée par...