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Research Report

CACHÉ EN PLEIN JOUR: La guerre de Poutine en Ukraine

Maksymilian Czuperski
John Herbst
Eliot Higgins
Alina Polyakova
Damon Wilson
Copyright Date: Sep. 1, 2015
Published by: Atlantic Council
Pages: 46
OPEN ACCESS
https://www.jstor.org/stable/resrep03632
  • Cite this Item

Table of Contents

  1. (pp. 3-4)
    Frederick Kempe and Damon Wilson

    Depuis vingt-cinq ans, des partenaires éminents de l’Atlantic Council se consacrent à réaliser la vision d’une Europe unie, libre et en paix, au sein de laquelle la Russie occuperait le rôle pacifique qui lui revient. Nombre de nos collègues cherchent non seulement à faire advenir un partenariat stratégique avec la Russie, mais envisagent même une alliance entre la Russie et l’OTAN qui pourrait contribuer à assurer la stabilité et la sécurité internationales. Force est de constater aujourd’hui que la politique du président russe Vladimir Poutine en Ukraine fait fi de cette vision et menace l’ordre international établi après la guerre...

  2. (pp. 6-8)

    En janvier 2014, suite à la révolution du Maïdan, l’ex-président ukrainien Viktor Ianoukovytch quittait le pays. Au moment où l’Ukraine s’efforçait de constituer un nouveau gouvernement démocratiquement élu, de mystérieux « petits hommes verts » firent leur apparition, d’abord en Crimée puis en Ukraine orientale. Aux yeux des habitants de ces régions comme des observateurs indépendants, l’identité de ces « petits hommes verts » était pourtant évidente : leurs uniformes – bien que dépourvus de signes distinctifs – leur accent russe, et leurs armes de la même provenance les démasquaient immédiatement. Alors même que la Russie, en mars, annexait la...

  3. (pp. 9-9)

    Le gouvernement et l’armée russes nient systématiquement toute implication en Ukraine. En août 2014, le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov, affirmait que les preuves apportées par les États-Unis quant au rôle de la Russie en Ukraine n’avaient « aucun rapport avec la réalité ». Il a prétendu que les unités de l’armée russe passées du côté ukrainien de la frontière prenaient simplement part à des « exercices d’entraînement tactique »16. En novembre 2014, le même Konachenkov expliquait que le Kremlin « avait depuis longtemps cessé de prêter attention aux affirmations avancées sans preuve par le commandant suprême...

  4. (pp. 10-10)

    Alors même que le Kremlin s’acharne à nier le rôle des forces régulières russes en Ukraine, les soldats russes qui y combattent, ainsi que des civils ukrainiens et russes appartenant aux deux camps, postent sur internet des photographies et vidéos de convois, d’équipements et de leur vie quotidienne. Des images satellites témoignent du mouvement des troupes russes, et de la construction de camps le long de la frontière ukrainienne. Ces documents constituent un dossier à charge irréfutable – et accessible à tous – concernant l’intervention de la Russie en Ukraine.

    Les techniques d’investigation numérique (digital forensics) permettent d’établir le lieu...

  5. (pp. 10-14)

    Les « forces séparatistes » dépendent d’un flux continu d’équipements russes, y compris d’armes lourdes telles que des blindés, des transports de troupes, de l’artillerie et des lance-missiles sol-air sophistiqués dont le système Buk (désigné SA-11/17 par l’OTAN) responsable du crash du vol 17 de la Malaysia Airlines en juillet 201426.

    La carte présentée à droite illustre deux cas de figure identiques, à savoir l’apparition d’une arme lourde en Russie, puis de la même arme (identifiée par ses caractéristiques uniques) du côté ukrainien de la frontière. En fixant les coordonnées des véhicules en cause grâce au recoupement de multiples sources,...

  6. (pp. 15-16)

    Plusieurs camps d’entraînement situés à proximité de la frontière avec l’Ukraine constituent les points de départ de la guerre qu’y mène la Russie. Cela apparaît clairement à toute personne qui consulte tout simplement Google Earth ou Google Maps. Ces camps rassemblent les équipements militaires russes destinés à renforcer l’arsenal des « séparatistes » en Ukraine et des soldats russes mobilisés un peu partout dans la Fédération.

    Les images satellite documentent la construction et l’expansion rapides de sites d’entraînement, quelques jours seulement après l’annexion de la Crimée. Plusieurs camps frontaliers sont également apparus au tout début de la guerre du Donbass....

  7. (pp. 17-18)

    Le 2 mars 2015, le Général Ben Hodges, commandant de l’armée de terre américaine en Europe, estimait que 12 000 soldats russes, y compris « des conseillers militaires, spécialistes de systèmes d’armes et troupes de combat » étaient déployés en Ukraine orientale49.

    Des centaines – sans doute des milliers – de ressortissants russes ont volontairement passé la frontière ukrainienne. Poutine l’a reconnu, et de nombreux Russes désireux de partir au combat ont même soumis par ordinateur des formulaires de candidature pour rejoindre les séparatistes – ce qui souligne à quel point il est aisé pour les citoyens russes de grossir...

  8. (pp. 19-19)

    La Russie prend soin de rapatrier les corps des soldats russes qui, tel Anton Toumanov (dont le profil est décrit p. 27), trouvent la mort après avoir passé la frontière pour se battre en Ukraine. Leurs cercueils de zinc sont désignés sous le nom de code « Cargo 200 », qui indique que les soldats en question sont morts au combat75. Publiquement, le gouvernement russe se refuse à reconnaître l’existence (ou les causes réelles) de ces pertes. Les officiels russes préfèrent recourir au mensonge selon lequel ces soldats sont décédés lors d’exercices conduits dans les camps d’entraînement du côté russe...

  9. (pp. 20-21)

    Au moment d’offensives cruciales, les forces russes déployées en Ukraine ont bénéficié de la couverture de tirs d’artillerie provenant du territoire russe. À l’été 2014, le Service des frontières ukrainien et le Conseil national de sécurité et de défense ont signalé plus de 120 attaques de ce type78. Malgré les dénégations du gouvernement russe, un recoupement entre données satellite, analyse des cratères, et sources en accès libre confirme que beaucoup de ces tirs provenaient effectivement de Russie, et non du territoire ukrainien sous contrôle des séparatistes.

    Les services de cartographie satellite permettent de consulter les images des cratères causés par...

  10. (pp. 22-22)

    En avril 2014, le Kremlin a entrepris une guerre hybride en Ukraine orientale, où Moscou a envoyé des agents chargés d’organiser et de diriger l’offensive – le consultant politique Alexandr Borodaï, « président de la République populaire de Donetsk », et le colonel du FSB Igor Guirkine alias Strelkov, « ministre de la Défense ». Le Kremlin leur fournit moyens financiers, armes, volontaires et troupes. Grâce à son quasimonopole parmi les médias russes, le Kremlin a engagé par ailleurs une campagne de désinformation massive qui vise à convaincre le peuple russe et les opinions publiques étrangères que l’Ukraine orientale n’est...

  11. (pp. 23-33)

    Les réseaux sociaux constituent une source d’informations précieuse concernant le déploiement d’équipements militaires en Ukraine et du côté russe de la frontière. Ces sources incluent à la fois des sites internationaux comme Instagram, et leurs équivalents locaux tel VKontakte, souvent surnommé « le Facebook russe ». Dans la plupart des cas, les informations sont postées par des civils ordinaires qui sont simplement témoins de tels déploiements et, intéressés, les documentent avant de partager leurs photos. Par ailleurs, certains relais des séparatistes et de la Fédération de Russie ont aussi lancé leurs propres chaînes de propagande sur les réseaux sociaux et...