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Research Report

L’UE ET L'AFRIQUE:: LES DÉFIS DE LA COHÉRENCE

Damien Helly
Cahiers de Chaillot
Copyright Date: Nov. 1, 2010
Pages: 98
OPEN ACCESS
https://www.jstor.org/stable/resrep06925
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Table of Contents

  1. (pp. 9-20)

    Les efforts européens de promotion de la cohérence des politiques pour le développement s’opèrent dans un contexte historique, politique et social très marqué. La situation postcoloniale¹ continue d’avoir un fort impact sur la formulation des politiques de l’Union européenne (UE) via les anciennes puissances impériales. Le rapport à l’Afrique est également influencé par des dispositions inconscientes et psychologiques puissantes, lesquelles déplacent la relation sur le terrain de l’émotion, de l’affect et, plus encore, des représentations. Il faut gérer la méfiance et les a priori, les réputations d’arrogance, les accusations d’illusion d’omnipotence, d’agenda caché, les ambiguïtés de l’égalité des relations interraciales....

  2. (pp. 21-32)

    Les relations avec l’Afrique étant perçues jusqu’àrécemment àtravers le prisme de l’aide publique au développement, l’UE, en tant que bailleur et membre de l’OCDE, a donc mis l’accent sur l’application du principe de cohérence dans son action extérieure àl’aune de ses politiques de développement et ce, àtravers le concept et les procédures administratives rassemblées sous le label « CPD ».

    Depuis 2005, en application de l’agenda de l’OCDE sur ce thème, une politique de la cohérence pour le développement a été lancée. La CPD est consacrée par une déclaration politique conjointe (le « Consensus européen pour le développement ») des...

  3. (pp. 33-42)

    Depuis 2005, les analystes reconnaissent l’importance croissante de l’Afrique dans la gouvernance globale et ce, pour plusieurs raisons.

    D’abord, le continent est présenté comme une source de richesses et d’opportunités utiles à la mondialisation et à la prospérité des autres zones de la planète. Ensuite, la multipolarisation du monde, la réémergence des BRIC et leur intérêt pour l’Afrique subsaharienne transforme les règles du jeu et introduit plus de concurrence pour les Européens dans leur relation avec le sous-continent. Enfin, depuis 2000, l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le Développement a accentué et donné corps à la présence de l’Afrique sur...

  4. (pp. 43-58)

    Dans quelle mesure les politiques (sous)régionales et panafricaines de l’UE sont-elles cohérentes avec ses propres engagements et avec les politiques des autres organisations africaines (UA, CEDEAO, SADC, etc.) dont elle est partenaire ?

    Depuis les indépendances de leurs anciennes colonies africaines, les États européens ont axé leurs relations avec l’Afrique noire sur les politiques de développement et des échanges commerciaux protégés. La différenciation croissante des régimes et des économies africaines, la vague de démocratisation des années 1990 qui reste inachevée, la diminution du nombre de conflits en Afrique, l’élargissement de l’UE, l’évolution des règles commerciales avec la création de l’OMC...

  5. (pp. 59-68)

    Alors qu’on lit souvent des études sur la cohérence de l’UE dans sa gestion de crise, peu d’éléments sont disponibles sur la cohérence des politiques de l’Union et des États membres avec les « grands pays » de l’Union africaine. Ce chapitre évoque donc les cas de l’Afrique du Sud, du Nigéria, de l’Angola et de l’Ethiopie afin de voir si la problématique de la cohérence s’y pose de façon particulière et d’identifier des pistes pour des recherches futures.

    L’Afrique du Sud est un pays de puissants paradoxes et contrastes : colosse économique régional aux pieds d’argile, hégémon sécuritaire menacé...

  6. (pp. 69-78)

    A l’aide de ses multiples instruments152 qui couvrent l’ensemble du spectre de la prévention, de la gestion des crises et de la construction de la paix, l’Union s’est engagée avec détermination sur de nombreux théâtres africains. Dans quelle mesure cette politique européenne de gestion de crise est-elle cohérente dans les cas de la Somalie, de la RDC, du Soudan et du Tchad ? La littérature disponible sur ces sujets étant déjà très fournie, nous nous pencherons sur un nombre limité de situations qui nous semblent emblématiques des défis posés à la cohérence.

    Avant même d’entreprendre cette étude, l’état d’avancement des...

  7. (pp. 79-86)

    Dans quelle mesure la politique européenne est-elle cohérente dans les réactions aux crises politiques et dans leur gestion ? Sans reproduire une analyse exhaustive de l’utilisation de l’article 96 des accords de Cotonou par l’Union européenne, telle que l’avait menée une équipe d’évaluateurs des États membres dans le cadre de l’initiative des Triple C en 2006, ce chapitre s’interroge sur les modes de réaction de l’UE à quelques crises récentes.

    Ce qui suit doit donc être mis en perspective avec les résultats obtenus en 2006 sur une dizaine de cas d’étude d’utilisation de l’article 96 face à des crises politiques...

  8. (pp. 87-90)

    À travers notre survol de l’action extérieure européenne en Afrique subsaharienne, il est possible de dégager des pistes et des enseignements sur l’application de la notion de cohérence.

    La cohérence demeure une question pertinente si l’on en conserve une interprétation téléologique graduée, une définition large et une analyse la plus empirique possible. Autrement dit, la cohérence est au mieux un leitmotiv politique qui doit être constamment réincarné par des initiatives concrètes, au pire le paravent d’une idéologie euro-centrée masquant l’impuissance à offrir un projet politique commun pour les affaires internationales de demain. La cohérence, puisqu’elle en émane, doit être nourrie...